Thèse en cours

Inférence dans les modèles mécanistes de grande dimension : applications à la modélisation de la réponse immunitaire

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Auteur / Autrice : Lisa Crepin
Direction : Mélanie PragueMorgan Craig
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Santé publique Option Biostatistiques
Date : Inscription en doctorat le 30/09/2025
Etablissement(s) : Bordeaux en cotutelle avec Université de Montréal
Ecole(s) doctorale(s) : Sociétés, Politique, Santé Publique
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Bordeaux Population Health Research Center
Equipe de recherche : E10 - Statistics in Systems biology and Translational Medicine_SISTM

Mots clés

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Résumé

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Les modèles mécanistes sont largement utilisés pour simuler les processus biologiques, mais ils reposent souvent sur un nombre limité de compartiments observables et sur des données longitudinales éparses. Ils sont donc fréquemment trop simples pour représenter des phénomènes complexes — comme la dynamique immunitaire post-vaccination — ou rencontrent des problèmes d'identifiabilité. Nous faisons l'hypothèse que les biomarqueurs omiques observés peuvent être utilisés pour traduire la dynamique de compartiments immunitaires non observés. Cette hypothèse est motivée par les approches de déconvolution, qui ont montré que les abondances des types cellulaires peuvent être déduites de données transcriptomiques. Par ailleurs, des études récentes ont démontré que ces données peuvent être obtenues via un échantillonnage peu invasif (e.g., prick-tests), rendant possible un suivi longitudinal fréquent. Des avancées similaires sont attendues en protéomique, ouvrant la voie à leur intégration dans des modèles mécanistes. Grâce aux progrès technologiques, les données longitudinales multi-omiques (e.g., transcriptomique, protéomique) deviennent de plus en plus accessibles. Toutefois, leur intégration dans des modèles mécanistes pour éclairer la dynamique de compartiments non observés reste un défi important, tant sur le plan mathématique que pour les applications en santé publique. Ce projet de recherche pose une question fondamentale et innovante : comment intégrer des données de grande dimension dans des modèles mécanistes à compartiments latents multiples ? Deux défis majeurs se posent : (1) comment développer des méthodes d'inférence permettant de régulariser et d'estimer dans des modèles mécanistes de grande dimension ; (2) comment construire des modèles suffisamment précis de la réponse immunitaire, exploitables avec les nouvelles données disponibles. Les deux premiers objectifs du projet sont méthodologiques. Nous visons à développer un cadre combinant des modèles mécanistes — basés sur des équations différentielles ordinaires — avec des modèles non linéaires à effets mixtes et des modèles d'observation reliant les biomarqueurs aux compartiments latents. Le premier objectif est d'étendre la méthode REMixed (Gabaut et al., à venir), actuellement limitée à un seul compartiment latent. Notre extension permettra l'estimation et la régularisation des paramètres dans des modèles à compartiments latents multiples. À ce jour, la méthode suppose une relation linéaire et invariante dans le temps entre biomarqueurs et compartiments latents. Le deuxième objectif est d'assouplir cette hypothèse en intégrant des relations sigmoïdes, de l'autocorrélation et des informations issues de la déconvolution. Le troisième objectif de cette thèse est l'application de la méthode à des données réelles. Cette étape est cruciale, car les hypothèses requises par la méthode peuvent ne pas se vérifier en pratique. Nous analyserons deux ensembles de données : (i) une étude d'infection contrôlée au SARS-CoV-2 chez des individus naïfs (Killingley et al., 2022), (ii) une étude exploitant la transcriptomique à haute résolution temporelle après vaccination ARN contre le SARS-CoV-2 via un auto-échantillonnage (Rinchai et al., 2022). Ces jeux de données sont déjà disponibles. Une application à d'autres jeux (équipe SISTM : PREVAC/PREVAC-UP, données du Vaccine Research Institute) est également envisageable. Ce projet fera progresser les approches méthodologiques en modélisation statistique et en immunologie. Plus largement, il améliorera l'interprétation des données omiques, renforcera les modèles mécanistes de la réponse immunitaire et fournira des outils utiles à la santé publique, notamment pour l'évaluation vaccinale et la modélisation des maladies infectieuses.