Le rôle de l'empathie médicale dans la transition des patients atteints de cancer et des proches vers les soins palliatifs
| Auteur / Autrice : | Louise Richez |
| Direction : | Kristopher Lamore |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Psychologie et ergonomie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Lille (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de l'homme et de la société |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : SCIENCES COGNITIVES & SCIENCES AFFECTIVES |
| Equipe de recherche : DYNAMIQUE EMOTIONNELLE ET PATHOLOGIES (DEEP) |
Mots clés
Résumé
Les patients atteints de cancer et leurs aidants (P&A) vivent une détresse psychologique importante, notamment lors de moments charnières comme l'annonce du diagnostic ou l'entrée en soins palliatifs. La période intermédiaire, marquée par un changement de traitement lié à une progression, reste pourtant peu étudiée, malgré son impact émotionnel (Lelorain et al., 2023; Lamore et al., 2017; Matthews et al., 2019). Les cancers à mauvais pronostic (ex. poumon, pancréas) impliquent une succession de traitements. Chaque changement peut être perçu comme une transition vers les soins palliatifs, soulignant l'importance d'une communication empathique (Lamore et al., 2017). Les médecins doivent trouver un équilibre entre réalisme et espoir, ce qui peut conduire à une sous-estimation du pronostic par les patients et leurs proches (Sutar et al., 2022). Pourtant, une information claire favorise la planification des soins palliatifs et une meilleure qualité de vie (Lippe et al., 2020; Huo et al., 2022). Certains patients préfèrent éviter les mauvaises nouvelles (Chichua et al., 2023), renforçant la nécessité d'adapter la communication aux besoins individuels (Malhotra et al., 2021; Kitta et al., 2021). L'empathie médicale, est un concept multidimensionnelle (Gehenne et al., 2020; Wirtz et al., 2011). Elle inclut la qualité relationnelle, la clarté, l'honnêteté, et la réassurance de ne pas être abandonné (Hall et al., 2021; Back et al., 2009). Elle facilite la communication en phase avancée (Hart et al., 2022), tandis que son absence est délétère (Kitta et al., 2021). Une méta-analyse récente (Lelorain, Gehenne et al., 2023) confirme son lien avec de meilleurs résultats en oncologie, mais peu d'études ciblent la transition vers les soins palliatifs, et encore moins intègrent les aidants. Ils soutiennent la compréhension, les décisions médicales et l'expression des préoccupations (Fatigante et al., 2021; Juraskova et al., 2021; Lamore et al., 2017). Leur présence améliore la communication empathique (Zaki et al., 2008), mais ils ignorent parfois qu'ils peuvent accompagner le patient (Arditi et al., 2022). Parallèlement, ils vivent un stress important, avec des taux de dépression pouvant atteindre 40 % (Bedaso et al., 2022), et expriment un besoin de reconnaissance et de soutien empathique (Washington et al., 2021). Les frontières floues entre traitements avancés et soins palliatifs compliquent la communication. Si l'empathie améliore souvent la satisfaction, elle peut aussi générer des malentendus ou une surcharge émotionnelle pour les soignants. Il est donc crucial d'identifier quelles dimensions de l'empathie sont bénéfiques, et pour qui. À ce jour, aucune étude n'a établi de lien causal entre empathie et retombées cliniques en contexte de cancer avancé. Une étude longitudinale intégrant les aidants pourrait combler ce manque. L'objectif principal est d'examiner comment, et dans quelles dimensions, l'empathie médicale facilite la transition vers les soins palliatifs pour les P&A. Trois objectifs secondaires complètent cette visée : (1) Par des questionnaires, évaluer si la présence d'un aidant lors de la consultation sur le changement ou l'arrêt d'un traitement améliore la perception de l'empathie médicale, en contrôlant la qualité de la relation patient-aidant, ainsi que les résultats pour les deux. (2) Par des entretiens semi-directifs, explorer rétrospectivement la perception de l'empathie médicale par les aidants tout au long du parcours, ainsi que leur rôle dans la transition vers les soins palliatifs. (3) Étudier si l'empathie perçue améliore la compréhension des objectifs du traitement par le patient et l'aidant, et favorise l'anticipation de la fin de vie (mise en place d'un accompagnement précoce).