Variabilité des profils de production lexicale liée à l'âge, en fonction de la capacité de réserve. Une étude inter-cognitive et connectomique
| Auteur / Autrice : | Nicolas Grivel |
| Direction : | Monica Baciu |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | PCN - Sciences cognitives, psychologie et neurocognition |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale ingénierie pour la santé, la cognition, l'environnement |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire de Psychologie et Neuro Cognition |
| Equipe de recherche : Langage (Lang) |
Mots clés
Résumé
Le vieillissement est un processus complexe et hautement variable : certains individus conservent des capacités cognitives élevées tandis que d'autres subissent un déclin plus marqué. Le projet VARIAGING vise à comprendre cette variabilité en étudiant la réserve cognitive et cérébrale, en mettant l'accent sur la production lexicale, un marqueur clé du vieillissement neurocognitif. En intégrant évaluations comportementales, neuroimagerie et modélisation computationnelle, ce projet ambitionne de développer un outil innovant permettant d'évaluer la résilience cognitive et d'identifier les individus à risque de déclin cognitif. La réserve cognitive reflète la capacité d'un individu à compenser les effets du vieillissement cérébral. Les approches traditionnelles reposent sur des mesures indirectes, telles que le niveau d'éducation ou la profession exercée. VARIAGING proposera un indice plus complet, intégrant des facteurs socio-économiques, liés au mode de vie, ainsi que des mesures directes de l'engagement cognitif. L'hypothèse est que les personnes ayant une réserve cognitive élevée auront de meilleures performances dans des tâches nécessitant une interaction entre le langage et la mémoire, grâce à une plus grande efficacité neuronale et à des mécanismes compensatoires renforcés. Cependant, la seule réserve cognitive n'explique pas totalement la résilience cognitive, car la connectivité cérébrale joue également un rôle fondamental. Ainsi, nous développerons un indice composite intégrant des données comportementales et des marqueurs neurobiologiques, notamment la connectivité fonctionnelle des réseaux du mode par défaut et fronto-pariétal, ainsi que l'intégrité structurelle mesurée par imagerie de diffusion (DWI). Cette approche combinée permettra d'évaluer la résilience cognitive avec plus de précision, en allant au-delà des évaluations indirectes classiques. Un objectif clé de VARIAGING est également d'identifier différents profils de vieillissement, en distinguant les individus ayant une réserve cognitive élevée, modérée ou faible. Certains adultes âgés conservent des performances cognitives comparables à celles des jeunes grâce à une neuroplasticité accrue et à des mécanismes compensatoires efficaces, tandis que d'autres montrent un déclin précoce. En analysant les marqueurs neurocognitifs et les comportements individuels, ce projet cherchera à identifier les facteurs qui favorisent un vieillissement réussi. L'interaction sociale, l'apprentissage tout au long de la vie et la stimulation cognitive sont considérés comme des prédicteurs majeurs de la résilience cognitive et pourraient inspirer de nouvelles stratégies d'intervention. La production lexicale, fonction cognitive essentielle impliquant le traitement sémantique, le contrôle exécutif et la mémoire de travail, constitue un indicateur puissant du vieillissement cognitif. VARIAGING explore la manière dont la réorganisation cérébrale soutient la production lexicale, en s'appuyant sur les modèles connectomiques récents pour analyser les mécanismes compensatoires mis en place avec l'âge. Adoptant une approche multimodale, le projet combine évaluations cognitives, neuroimagerie et intelligence artificielle afin de développer des modèles prédictifs du vieillissement cognitif. Au-delà de ses contributions scientifiques, VARIAGING a un impact majeur pour la neuropsychologie de précision, en faisant évoluer les études sur le vieillissement cognitif d'une approche groupale vers une analyse individualisée. L'intégration de marqueurs comportementaux et de connectivité cérébrale au sein d'un indice unique permettra une détection plus précoce des vulnérabilités cognitives et orientera vers des interventions personnalisées. Les résultats de ce projet guideront les futures stratégies de rééducation cognitive, de neuromodulation et de politiques de santé publique, visant à favoriser la résilience cérébrale tout au long de la vie.