Perspectives de méta-recherche sur les interventions non-pharmacologiques et les médecines complémentaires et alternatives
| Auteur / Autrice : | Mathieu Repiquet moracchini |
| Direction : | Bruno Falissard, Florian Naudet |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Epidémiologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 06/10/2025 |
| Etablissement(s) : | université Paris-Saclay |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Santé Publique |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de Recherche en épidémiologie et Santé des populations |
| Equipe de recherche : Psychiatrie du développement et trajectoires | |
| Référent : Faculté de médecine |
Résumé
Cette thèse vise à apporter une contribution originale à l'analyse critique des Interventions Non-Médicamenteuses (INM) et Médecines Complémentaires et Alternatives (MCA) à partir d'une approche de méta-recherche. Dans un contexte de recours croissant à ces pratiques et d'importante diffusion de fausses informations à leur sujet, et face à l'exigence éthique d'une prise en charge médicale basée sur des preuves (EBM), nous souhaitons étudier dans quelle mesure la littérature scientifique (essais cliniques et méta-analyses) qui évalue ces interventions est reproductible. La méta-recherche est un champ de recherche pluridisciplinaire qui a pour objet d'étudier la qualité, la transparence et la reproductibilité de la recherche elle-même afin d'identifier ses faiblesses méthodologiques et d'en améliorer les pratiques. La méta-recherche représente un levier important pour mieux structurer l'évaluation des INM et des MCA, améliorer la confiance dans les résultats scientifiques, et soutenir une médecine bio-psycho-sociale fondée sur des données scientifiques probantes. Nous faisons l'hypothèse que la littérature scientifique portant sur les INM et les MCA présente, en moyenne, une plus grande fragilité des résultats que celle portant sur les médicaments en raison de leur nature complexe (multi-composante) et de la proportion relativement faible d'études respectant les normes méthodologiques reconnues en recherche clinique. Le projet doctoral est divisé en trois axes de recherche et est en partie basé sur les données de la Cochrane Database of Systematic Reviews. L'axe 1 consistera à étudier la robustesse des méta-analyses Cochrane portant sur les INM, les MCA, les médicaments et les chirurgies. Pour ce faire, nous utiliserons la méthode de la vibration des effets qui consiste à étudier la variabilité des résultats obtenus en faisant légèrement varier les choix analytiques effectués (analyses de sensibilité). Il s'agira également de caractériser finement les facteurs associés à cette fragilité des résultats comme le niveau de preuve selon GRADE, le risque de biais et la taille des essais cliniques inclus dans les méta-analyses, les mesures d'hétérogénéité statistique, le type de critère de jugement, la spécialité médicale, le type d'intervention, etc. L'axe 2 consistera à étudier la prévalence des méta-analyses dans le domaine des INM et des MCA portant sur une même thématique (un même PICO) mais ayant des résultats contradictoires. Nous analyserons également leurs causes, comme l'évolution dans le temps, le risque de biais des méta-analyses, le niveau de preuve, l'hétérogénéité (clinique, méthodologique et statistique), ainsi que la présence de conflits d'intérêts. L'axe 3 consistera à caractériser les essais cliniques dans le domaine des INM et des MCA selon différents indicateurs, tels que le risque de biais, les effectifs dans chaque bras, des indicateurs bibliométriques, la qualité du reporting (CONSORT), la présence de spin (embellissement des résultats), les conflits d'intérêts et les pratiques de science ouverte. Au moyen de méta-régressions, nous étudierons également la relation entre ces caractéristiques et la taille de l'effet. Le travail effectué dans le cadre de cette thèse permettra de mieux caractériser la reproductibilité des essais cliniques et des méta-analyses dans le domaine des INM et des MCA, d'identifier les zones d'incertitude et les lacunes méthodologiques récurrentes, d'améliorer les méthodes d'évaluation des INM et des MCA, de mieux intégrer les pratiques efficaces dans les parcours de soins, de mieux lutter contre les dérives thérapeutiques et de contribuer au débat épistémologique sur la démarcation entre médecine et pseudo-médecine.