Étude des mécanismes de défense antiphage chez Clostridioides difficile
| Auteur / Autrice : | Salomé Rouland |
| Direction : | Olga Soutourina, Louis-Charles Fortier |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Microbiologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | université Paris-Saclay en cotutelle avec Université de Sherbrooke |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Structure et Dynamique des Systèmes Vivants |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : I2BC - Institut de Biologie Intégrative de la Cellule |
| Equipe de recherche : ARN régulateurs chez les Clostridies/Regulattory RNAs in Clostridia | |
| Référent : Faculté des sciences d'Orsay |
Résumé
Clostridioides (nommé précédemment Clostridium) difficile est la principale cause de diarrhées post-antibiotiques chez les adultes dans les pays industrialisés et l'une des bactéries les plus problématiques en milieu hospitalier. Plusieurs facteurs impliqués dans l'adhésion de C. difficile aux entérocytes ont été identifiés. Cependant, les processus de colonisation du tube digestif et les fonctions associées ainsi que les mécanismes qui contrôlent la virulence sont encore peu étudiés. Des adaptations métaboliques, la motilité, l'efficacité d'adhésion, la capacité de former des biofilms, de sporuler, de germer ou de résister aux stress et aux infections phagiques figurent parmi les facteurs pouvant jouer un rôle lors du processus infectieux. Mieux comprendre les mécanismes qui contrôlent ces processus semble indispensable pour l'étude de ce pathogène humain. Nos données de séquençage à haut débit (RNA-seq) ont montré l'existence d'un grand nombre d'ARNs non codants présents chez C. difficile ce qui suggère l'importance des mécanismes de régulation de l'expression des gènes basés sur l'action des ARNs chez cette bactérie (Soutourina et al. PLoS Genetics 2013). Nous avons identifié des ARNs dans les régions intergéniques, des ARNs CRISPR (clustered regularly interspaced short palindromic repeats) pour la défense contre les bactériophages et d'autres sources d'ADN étranger, des ARNs antisens en cis, des éléments de régulation en cis « riboswitchs » et des riborégulateurs en trans nécessitant la protéine chaperon à l'ARN Hfq (Soutourina et al. PLoS Genetics 2013; Boudry et al. J. Bacteriol 2014, mBio 2015, RNA Biol 2021; Soutourina Curr Opinion Microbiol 2017). Notre objectif général est de déterminer les rôles biologiques des ARNs sélectionnés et de découvrir les mécanismes moléculaires associés aux ARNs chez ce pathogène. Nous sommes particulièrement intéressés par les aspects originaux de ce contrôle chez C. difficile et proposons une approche intégrée pour aborder des mécanismes contrôlant la pathogenèse de C. difficile au niveau cellulaire, moléculaire et communautaire. Après l'identification des acteurs moléculaires dans ce contrôle nous allons examiner leur rôle dans les interactions de C. difficile avec son hôte et les autres composantes des communautés de l'intestin incluant les bactériophages. Nous collaborons étroitement depuis 12 ans avec le laboratoire de Pr Louis-Charles Fortier à l'Université de Sherbrooke pour mieux comprendre les interactions de C. difficile avec les bactériophages à travers la caractérisation du système de défense CRISPR-Cas qui cible spécifiquement des bactériophages, le séquençage des génomes des bactériophages pour enrichir la base des données disponible, l'identification des systèmes toxine-antitoxine de type I et leur rôle dans la stabilisation des régions prophagiques dans les génomes de C. difficile, l'identification de la protéine SlpA comme un récepteur des phages chez C. difficile et la caractérisation d'un nouveau système de type toxine-antitoxine associé à un ARN non codant au sein d'un prophage d'une souche hypervirulente. Ces travaux ont conduit à cinq publications conjointes de nos équipes (Boudry et al. mBio 2015 ; Garneau et al. AEM 2018 ; Peltier et al. Comm Biol 2020, Royer et al. Microbiol Spectr 2023, Saunier et al. Anaerobe 2024) et d'autres en cours de préparation actuellement. Nos données sont pertinentes pour le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à limiter le développement de l'infection à C. difficile, en particulier, la phagothérapie.