Modélisation des couplages entre variabilité méso-échelle du contenu en eau de l'atmosphère et le cycle de vie de la convection
| Auteur / Autrice : | Nicolas Nanou |
| Direction : | Frédéric Hourdin |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Modélisation, méthodes numériques pour l'étude du système climatique |
| Date : | Inscription en doctorat le 11/09/2025 |
| Etablissement(s) : | Sorbonne université |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale des sciences de l'environnement d'Île-de-France |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : LMD - Laboratoire de Météorologie Dynamique |
| Equipe de recherche : EMC3 |
Résumé
La paramétrisation des nuages et de la convection dans les modèles de climat globaux (avec des mailles de typiquement 25 à 300km de côté) est une des principales sources d'incertitudes dans les projections du changement climatique. Améliorer ces paramétrisation est un enjeu scientifique de premier ordre pour les sciences du climat, à la fois pour la prévision du changement climatique et la quantification des incertitudes associées [1], mais également pour la compréhension des processus atmosphériques et de leur rôle dans la circulation générale et le climat. Pour prédire le caractère hétérogène des nuages dans une maille, on introduit une paramétrisation de la distribution sous-maille de l'eau, le nuage étant alors défini comme la fraction de la maille sur laquelle l'humidité dépasse sa valeur à saturation. Les mouvements convectifs eux mêmes sont représentés au travers d'approches dites « en flux de masse » dans lesquelles on divise la maille horizontale en différents compartiments associés à des vitesses verticales différentes. Jusqu'alors, la distribution sous-maille de l'eau était calculée de manière 'diagnostique' en fonction de l'état de la colonne atmosphérique, en tenant compte par exemple du fait que la présence de panaches convectifs tend à accroître la largeur de cette distribution en amenant de l'air humide de la surface à des niveaux plus secs. Un modèle pronostique, plus sophistiqué, est en construction pour le modèle LMDZ. Des premières preuves de l'intérêt de cette proposition ont été faites sur des scènes de convection nuageuse en comparant les résultats de la paramétrisation à des simulations 3D à très haute résolution (~100m) dites LES de la même scène [2]. La première partie de la thèse consistera à compléter ce modèle en faisant de la variance de l'eau une variable d'état à part entière du modèle. Il s'agira à la fois de développer des paramétrisations manquantes et de prendre en compte la variance de la vapeur d'eau comme une variable d'état du modèle, advectée à grande échelle, ce qui forcera à repenser plus fondamentalement le sens des variables d'état associées à la vapeur d'eau dans ces différentes phases. La seconde partie portera sur la prise en compte de cette variabilité dans la représentation du cycle de vie de la convection. En effet, beaucoup de travaux issus d'observations ou de simulation LES suggèrent que le développement des cellules convectives, la transition de la convection peu profonde vers la convection profonde, et l'organisation de la convection sont sensibles aux variations horizontales du contenu en vapeur d'eau de l'atmosphère à méso-échelle, un des mécanismes étant que les panaches se développent préférentiellement dans une atmosphère déjà humidifiée. La variabilité de la vapeur d'eau peut donc à la fois contrôler le déclenchement et l'intensité de la convection mais aussi son organisation. Dans cette partie, on profitera de l'originalité du modèle LMDZ d'avoir une paramétrisation relativement unique des poches froides créées par réévaporation des pluies sous les cumulo-nimbus, élément essentiel du cycle de vie de la convection et de son organisation. On se basera également sur l'analyse de simulations LES d'événements convectifs réalisées avec le modèle non-hydrostatique MESO-NH pour explorer les relations possibles entre la variabilité de l'eau et les propriétés des panaches convectifs (collaboration Catherine Rio, CNRM). Le travail mettra à profit des outils d'apprentissage machine développés par l'équipe en collaboration avec MétéoFrance et l'Université de Exeter, permettant de réajuster automatiquement les paramètres du modèle après l'introduction d'une nouvelle paramétrisation. L'arrivée de ces outils a permis de réouvrir le travail sur les paramétrisations, particulièrement actif depuis quelques années.