Résister, adhérer ou se taire. Les femmes face à la déconsolidation démocratique.
| Auteur / Autrice : | Louise Bruyas |
| Direction : | Frédéric Gonthier, Stéphanie Abrial |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Science politique |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Pacte, Laboratoire de sciences sociales |
| Equipe de recherche : Gouvernance |
Mots clés
Résumé
Cette thèse cherche à analyser comment les dynamiques de déconsolidation démocratique interagissent avec le rapport des femmes à la politique, en se concentrant sur les phénomènes de ''gender backlash'' et ''feminist backlash''. Elle part du constat inquiétant d'un recul global des démocraties, souvent orchestré par des régimes qui affaiblissent graduellement les institutions démocratiques par des moyens légaux. Cette tendance s'accompagne, dans plusieurs régions du monde, d'une montée des partis populistes qui sapent l'égalité et les droits des minorités en s'appuyant sur une désaffection généralisée pour les processus démocratiques. Les sociétés sont traversées par un backlash culturel où des mouvements et attitudes conservateurs s'opposent aux progrès sociétaux et aux droits des femmes. La thèse vise à explorer ces défis au travers d'une comparaison entre la France, où un universalisme républicain en crise coexiste avec une montée des politiques identitaires, et les États-Unis, marqués par un féminisme plus institutionnalisé mais sous l'attaque de forces conservatrices. En utilisant une combinaison de méthodes quantitatives (enquêtes) et qualitatives (entretiens), la recherche cherche à comprendre pourquoi certaines femmes soutiennent des politiques antidémocratiques à l'encontre de leurs propres intérêts, et comment elles naviguent entre résistance, désintérêt et contribution au backlash conservateur. Les hypothèses suggèrent que les réactions des femmes sont conditionnées par des facteurs comme leur engagement idéologique, leur niveau de compétence politique, et leur loyauté envers certains partis. Le projet ambitionne de cartographier la diversité des participations politiques féminines face aux menaces anti-démocratiques actuelles, et de mieux comprendre les conditions qui influencent leur implication sociale et politique.