Conception et synthèse chimique d'ARN mono- et multi coiffés
| Auteur / Autrice : | Thomas Soulie |
| Direction : | Michaël Smietana |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Ingénierie Biomoléculaire |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Montpellier (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sciences Chimiques |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : IBMM - Institut des Biomolécules Max Mousseron |
| Equipe de recherche : B3. ChemBioNAC |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Ces dernières années, l'ARN a suscité un intérêt croissant dans la recherche thérapeutique, notamment pour le développement de vaccins, la reprogrammation cellulaire et la production de protéines. Bien que les vaccins à ARN messager (ARNm) aient démontré leur efficacité, leur sécurité et leur polyvalence, leur stabilité reste un défi comparativement aux alternatives basées sur l'ADN. Afin d'améliorer cette stabilité et de favoriser l'engagement des ribosomes, l'ARN est chimiquement modifié via l'épitranscriptomique, un processus qui régule l'expression génique post-transcriptionnelle et les fonctions biologiques clés. Ces modifications se divisent en deux catégories : les modifications de coiffe et les modifications internes, la coiffe de l'ARNm jouant un rôle crucial dans l'initiation de la traduction. Par exemple, la coiffe 5′ N7-méthylguanosine (m7G) interagit avec les facteurs d'initiation de la traduction, influençant la stabilité et la traduction de l'ARNm. De plus, des modifications telles que la 2′-O-méthylation (2′OMe) et la N6-méthyladénosine (m6A) au niveau de la région 5′ non traduite (5′ UTR) modulent davantage la traduction et l'activité de décapping. La diversité des modifications de coiffe selon les types cellulaires offre une opportunité d'expression génique ciblée, améliorant potentiellement les thérapies à base d'ARN. Malgré leur potentiel thérapeutique, l'application des coiffes modifiées est limitée par des défis liés aux méthodes de synthèse. Les approches actuelles de préparation des ARNm coiffés in vitro reposent sur l'incorporation co-transcriptionnelle d'analogues de coiffe ou sur une coiffage enzymatique post-transcriptionnel, mais ces méthodes restent limitées quant aux types de modifications intégrables. Des avancées récentes dans les analogues de coiffe tri- et tétranucléotidiques ont permis l'incorporation directe de coiffes modifiées, mais ces techniques restent encore restreintes. Pour surmonter ces limitations, nous avons développé une stratégie permettant d'incorporer des modifications chimiques naturelles et non naturelles à l'extrémité 5′ de l'ARNm. Cette approche modulaire, combinant chimie et enzymologie, permet un criblage systématique des modifications de coiffe afin d'évaluer leur impact sur des propriétés telles que la stabilité de l'ARNm et sa capacité de traduction. Ce projet vise à réunir l'expertise des équipes de l'IBMM et de l'IRCM pour développer des solutions adaptées à l'expression génique dans des sous-types cellulaires spécifiques avec une efficacité optimale, fournissant ainsi des outils innovants pour les stratégies thérapeutiques à base d'ARN. Les objectifs incluent la synthèse d'oligonucléotides coiffés naturels et multicappés, le profilage détaillé des modifications de coiffe dans les cellules immunitaires, ainsi que le développement d'une méthode de criblage pour identifier les oligonucléotides coiffés les plus performants pour des sous-types cellulaires spécifiques.