Les superstitions dans la fabrique du discours ethnographique en France entre la fin du XVIIe siècle et les années 1780 : « découvrir, éclairer et dompter l'inconnu »
| Auteur / Autrice : | Hugo Loncle |
| Direction : | Stephane Gomis |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Histoire des mondes modernes, histoire du monde contemporain, de l'art : Histoire |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Clermont Auvergne (2021-...) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Lettres, Langues, Sciences humaines et Sociales |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'Histoire - Espaces et Cultures |
Mots clés
Résumé
Si, aux XVIIe et XVIIIe siècles en France, l'Église catholique cherche à réprimer les superstitions, la période est aussi marquée par une évolution significative des discours à ce sujet. L'esprit des Lumières infuse en effet peu à peu les écrits sur les superstitions, qui observent et étudient un fait social qui n'est plus systématiquement enfermé dans un discours de disqualification, mais aussi de découverte. Surtout, une méthode de terrain se fait jour dans l'approche des superstitions, qui sont par conséquent directement observées dans leurs milieux. Cette dynamique pose lentement les fondements de l'ethnographie, discipline qui se propose d'étudier sur le terrain les modes de vie et la culture de communautés ou de groupes sociaux. Hommes d'Église, missionnaires, voyageurs, et savants participent à leur manière et à différentes échelles à la construction de ce savoir des superstitions, désormais imprégné par cette dimension ethnographique naissante, placée au cur de cette étude. Les sources de l'Église catholique, répressives à l'égard des superstitions, nous révèlent pourtant des informations sur la vie et les croyances des populations. Mais au tournant des Lumières, les superstitions ne sont plus uniquement un domaine réservé de l'Église, et les auteurs éclairés aussi s'intéressent au peuple, et notamment à ses croyances. Elles sont alors prises en charge par des savants obéissants à un régime d'observation caractéristique des Lumières, et deviennent un objet d'étude à part entière. Nous proposons d'observer ces évolutions à l'échelle du royaume de France, mais également grâce à un ancrage territorial dans les provinces ecclésiastiques de Bourges et de Vienne, à travers huit diocèses sélectionnés pour leur potentiel lié aux affaires de superstitions (Clermont, Saint-Flour, Le Puy, Grenoble, Die, Viviers, Vienne et Valence). Ce choix permettra d'étudier un corpus riche, composé de traités savants, de récits de voyages, de correspondances ou encore de recueils de superstitions, mais aussi de sources diocésaines tels que les procès-verbaux de visites pastorales, ou encore les relations de missions. En associant les superstitions à la fabrique du discours ethnographique durant notre période, nous étudions la façon dont clercs, savants et esprits des Lumières s'emparent des superstitions au-delà de la logique répressive portée par l'Église catholique, afin d'en faire un outil d'approche et de compréhension des populations comme de leurs croyances.