La communication scientifique comme levier de la sobriété numérique des consommateurs : entre conscience environnementale et résistance cognitive au changement
| Auteur / Autrice : | Camille Pailler |
| Direction : | Gilles N'goala |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de gestion et du management |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Montpellier (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Economie Gestion de Montpellier |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : MRM - Montpellier Recherche en Management |
Mots clés
Résumé
Contexte : Le numérique représente aujourd'hui 3 à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, une part appelée à doubler d'ici 2025 en l'absence de régulation (ARCEP, 2023). Pourtant, la dimension invisible, dématérialisée et délocalisée de ces impacts rend leur perception difficile pour les utilisateurs finaux (Péréa et al., 2023 ; Gamaté et al., 2023). De plus, la digitalisation continue des services, des organisations et des modes de vie crée un environnement où réduire ses usages semble contre-intuitif, voire marginal. Face à ce paradoxe, des initiatives institutionnelles (régulation des flux, edge computing, modélisations énergétiques urbaines) (Poudou & Sand-Zantman, 2023) et des réflexions critiques sur la technologie de décroissance (Callegari et al., 2024) cherchent à proposer des alternatives. Parallèlement, les théories du complot et les récits anti-scientifiques freinent les politiques de durabilité, notamment en matière de climat (Allred & Bolton, 2024). Dans ce contexte, renforcer la capacité des individus à reconnaître les preuves scientifiques, à exercer leur esprit critique et à déconstruire les récits simplificateurs devient un enjeu crucial. En explorant le lien entre communication scientifique, résistance cognitive et modification des usages numériques, cette thèse propose une lecture originale et interdisciplinaire des conditions d'une transition numérique sobre et éclairée. Résumé du sujet de thèse : Cette thèse interrogera les freins cognitifs, psychosociaux et symboliques qui limitent l'adoption de comportements de sobriété numérique, dans un contexte où les usages digitaux sont omniprésents, mais leur impact écologique largement invisibilisé. Alors même que la transition vers des pratiques numériques durables devient un enjeu collectif majeur, les utilisateurs adoptent des postures ambivalentes, oscillant entre conscience écologique et rationalisation de leurs usages (N'Goala, Paulhiac et Durif, 2024). En mobilisant les apports récents des sciences comportementales et de la psychologie sociale, cette recherche proposera d'examiner dans quelle mesure la littératie scientifique entendue comme la combinaison de connaissances factuelles et de raisonnement critique (Allred & Bolton, 2024) peut contribuer à désamorcer les mécanismes de résistance cognitive tels que les techniques de neutralisation (Sykes & Matza, 1957) ou les récits justificatifs (Callegari et al., 2024). Elle envisagera des formes spécifiques de communication scientifique, adaptées au public et au format, qui pourraient permettre une meilleure évaluation des preuves, renforcer l'autonomie cognitive des individus, et favoriser une évolution des usages numériques dans le sens d'une sobriété choisie. Cette réflexion s'ancrera dans une lecture élargie de la sobriété numérique comme dynamique sociotechnique en tension avec les logiques de transformation digitale et de croissance (Péréa et al., 2023).