Thèse en cours

Algorithmes pour le calcul de bases lexicographiques d'idéaux polynomiaux: plus grande généralité et meilleure complexité

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Auteur / Autrice : Hugo Passe
Direction : Jérémy Berthomieu
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences et technologies de l'information et de la communication
Date : Inscription en doctorat le 01/09/2025
Etablissement(s) : Sorbonne université
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Informatique, télécommunications et électronique de Paris
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : LIP6

Résumé

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Deux problèmes connexes et fondamentaux dans le domaine du calcul formel, avec de nombreuses applications dans d'autres domaines, sont la résolution de systèmes polynomiaux multivariés et le calcul des bases de Gröbner. Cette résolution consiste à trouver les racines communes de polynômes en n variables, typiquement par le biais d'une base de Gröbner de l'idéal engendré par ces polynômes. Ces bases dépendent de l'ordre dont on munit l'ensemble des monômes. Une base pour l'ordre lexicographique (LEX) permet alors de déterminer les solutions en énumérant leurs coordonnées. Cependant, il est plus efficace de calculer une base pour un ordre raffinant le degré (DRL). Lorsque l'idéal est de dimension zéro, ce qui signifie que le système a un nombre fini D de solutions, une stratégie courante consiste à calculer d'abord une base DRL, puis à utiliser un algorithme de changement d'ordre pour obtenir une base LEX. Cette deuxième étape peut être réalisée via de l'algèbre linéaire par l'algorithme FGLM avec une complexité en O(nD^3). Dans certains cas, l'étape de changement d'ordre est la plus coûteuse de l'ensemble du processus. Ce projet se focalise sur deux axes de recherche principaux, avec l'objectif d'accélérer le calcul de la base LEX (ou de formes équivalentes) tout en limitant le recours à des hypothèses habituellement faites sur l'entrée. Pour le changement d'ordre, une hypothèse de ''stabilité'' permet d'atteindre une complexité sous-cubique en D grâce à l'usage d'algèbre linéaire rapide pour le calcul de matrices de multiplication. Sans cette stabilité, on s'intéressera à calculer ces matrices de multiplication plus rapidement que O(nD^3). Une autre hypothèse courante est appelée position ''shape'' et assure que la base LEX peut être obtenue par des calculs qui n'impliquent qu'une seule matrice de multiplication et, en supposant également la stabilité, ces calculs peuvent bénéficier d'algèbre linéaire creuse ou polynomiale. Nous étudierons le calcul rapide de la base LEX dans le cas où seule l'hypothèse de position shape est satisfaite. Enfin, lorsque le corps de base est celui des nombres rationnels, il faut prendre en compte dans la complexité l'augmentation de la taille des coefficients au cours des calculs. Nous étudierons le cadre de l'approche multi-modulaire et la conception d'un algorithme qui parviendrait à réutiliser les informations trouvées lors des premiers calculs modulaires pour accélérer tous les suivants.