le lien des performances scolaires des enfants tunisiens à haut potentiel intellectuel avec leurs croyances motivationnelles et celles d'efficacité personnelle du personnel enseignant
| Auteur / Autrice : | Wiem Kadri |
| Direction : | Alexandra Leyrit |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de l'éducation |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/11/2024 |
| Etablissement(s) : | Saint-Etienne, Université Jean Monnet (2025-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | EPIC - Education, Psychologie, Information et Communication |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : ECP - Education, Cultures, Politiques |
Mots clés
Résumé
Depuis des décennies d'années, les efforts communautaires ont essayé d'améliorer l'accessibilité à l'éducation pour tous (Caraglio, 2017). Suivant le principe d'équité, l'Article 28 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant (CIDE), découle que l'école s'ouvre à tout élève sans ségrégation sous prétexte de son origine, sa langue, sa condition sociale ou ses habiletés intellectuelles. Cela implique une approche culturelle assez large qui envisage à rendre la société humaine et non discriminatoire pour toutes les catégories marginalisées et ceci se fait grâce à l'éducation inclusive (UNICEF, 2017). Au niveau scolaire, ce genre d'écoles accueille, selon la loi du 8 juillet 2013 pour la refondation de l'école, à quelques exceptions près, tous les enfants avec leurs différentes potentialités. De ce fait, les progrès réalisés en matière de leur scolarisation placent aujourd'hui maints pays entre autres la France dans une ligne de défi sur le plan de la performance du système et du programme d'éducation. Néanmoins, une finalité reste inachevée, celle-ci de conduire tous les enfants et en particulier ceux qui sont à Haut Potentiel Intellectuel (HPI) vers la réussite en permettant à chacun de développer son plein potentiel (Conseil supérieur de l'éducation (CSE), 2017). Dans la communauté scolaire, ce HPI semble constituer une alliée incontournable dont le personnel enseignant est le premier intervenant. Ce sujet est invoqué majoritairement dans leurs débats pour expliquer les bons résultats des enfants. Or, ce n'est pas toujours le cas puisque environ 20% de ces enfants éprouvent des difficultés d'apprentissage mais aussi de nature émotionnelles et sociales dans leurs écoles (Winisdorffer et Vaivre-Douret, 2017). Même si cette scolarité se déroule bien avec certains cas, nombreux ceux qui se trouvent en situation scolaire délicate montrant leurs capacités en dents de scie et révélant leur décrochage scolaire accompagné d'une souffrance émotionnelle et sociale dans le contexte d'inclusion (Terrassier, 2014). Depuis longtemps, l'UNESCO (1994) a souligné l'incontournable rôle de l'inclusion dans la déclaration de Salamanque en 1994 en infirmant l'idée que seuls les établissements spécialisés permettent de satisfaire les besoins spéciaux des élèves (Annie et Muleya, 2018). Néanmoins, selon Kahout-Diaz (2017), l'inclusion scolaire se voit de plus en plus pressante pour les enseignant.es et pour les équipes pluridisciplinaires qui les accompagnent. Sous prétexte de l'incertitude sur ce que doit être le contenu de l'enseignement, le défi sur la précision des interprétations des problèmes des enfants ainsi que leurs besoins éducatifs particuliers semble être véritable (Hirschhorn, 199). Pour les enseignants.es, cette question s'alimente encore beaucoup plus par la complexité et l'encyclopédisme que les trouvent dans la plupart des programmes (Kahout-Diaz, 2017). À cet échelon et par rapport à ce sujet de HPI, la réussite des enfants sera compromise face à ces contraintes ainsi que ces tâtonnements. Le processus enseignement-apprentissage sera souvent difficile nécessitant un effort, une espérance de réussite et une capacité à influencer efficacement les savoirs professionnels mobilisés dans la pratique (Altet, 2009). De ce fait, l'échec peut s'installer assez tôt dans les cursus de ces enfants surtout que la question de l'idéal inclusif implique plus que l'aspect cognitif, un autre volet dit le conatif (Reuchlin, 1990). Avide de tout ce qui l'entoure, le sujet de HPI représente depuis longtemps une curiosité face à la dimension conative. Le travail sur cette variable avec ce type d'enfants traduit notre problématique qui est en persistance depuis longtemps. Liée à une grande sensibilité à l'environnement de l'enfant, c'est-à-dire sa motivation extrinsèque mais aussi à sa croyance en soi-même c'est-à-dire sa motivation intrinsèque, cette question sera de plus actuelle. Elle nécessite une telle préoccupation scientifique débouchant à des études antérieures et des recherches élaborées dans ce domaine. De ce point de vue, l'enquête faite par Forner (2005) pourrait être un exemple parmi d'autres qui ont travaillé sur la composante motivationnelle. Son travail « La motivation à la réussite en éducation et en orientation », a tenté de mettre en exergue, d'après la perspective d'Atkinson (1983), le besoin de rapporter la motivation à la réussite. L'étude de Leonardis et Prêteur (2007) intitulée « l'Expérience scolaire, estime de soi et valeur accordé à l'école à l'adolescence », a touché aussi une autre variable conative appelée l'estime de soi, ces chercheurs ont essayé de détailler le lien entre l'estime de soi et la performance scolaire ainsi les résultats de leur travail « attestent que la valeur scolaire accordée à l'école augmente le pouvoir de prédire l'estime de soi scolaire, au-delà du rôle de la performance scolaire. L'élève qui obtient de bons résultats scolaires et qui, en même temps, valorise l'école, a une meilleure estime de soi scolaire » (Leonardis et Preteur, p.45, 2007). Or, cette préoccupation relative à la mise en uvre d'une éducation riche à tous et surtout à ceux qui sont à HPI n'est pas propre à un seul pays. Au contraire, elle s'observe universellement partout puisque c'est le défi de l'opérationnalisation de l'éducation inclusive qu'il faut à présent relever avec cette population (CSE, 2017). Ainsi, maintes représentations sont véhiculées autour de ce débat et l'implication ou non de la performance scolaire dans les critères d'identification de ces enfants à HPI. En outre, la façon dont les enseignant.es agencent ces concepts les uns avec les autres peut influencer de façon cruciale la manière dont l'enfant à HPI va penser et poser ses actes comme nous l'indiquent les théories sociales cognitives de la motivation depuis plusieurs dizaines d'années (Berger, 2012). D'ailleurs, ceci occupe de nombreux chercheurs et chercheuses issus de l'approche sociale cognitive de la motivation (Bandura, 1997, Eccles et Wigfield, 2002, Zimmerman, Bandura, et Martinez- Pons, 1992). Ainsi grâce aux études qu'ils ont menées ces derniers, nous savons par exemple que la manière dont l'élève se représente ses compétences a plus d'impact sur les performances que ses compétences vraiment réelles ou encore que le statut qu'il attribue à l'effort pour déduire ses compétences est fortement corrélé à son implication dans la tâche (Bandura, 1997, Bong et Skaalvik, 2003, Harter, 1982, et Nicholls, 1983). L'approche sociale cognitive de la motivation nous permet en particulier de comprendre pourquoi un élève se mobilise dans les apprentissages, en quoi aussi les représentations qu'il entretient lui-même entre intelligence, motivation et performance peuvent être en lien avec ses perceptions d'efficacité pour faire face aux apprentissages. Il nous semble donc d'une part intéressant de pouvoir déplier ces représentations grâce à ce paradigme théorique afin d'identifier ce qui tenait plus de la réalité vécue par les jeunes à HPI que des représentations et des idées reçues (Bandura, 1997). D'autre part, l'implication de leurs enseignants.es dans ce processus d'enseignement-apprentissage exige encore l'étude de leurs croyances d'auto-efficacité auprès de quelques cas face à ce sujet. Ceci a fait l'objet de recherches au cours des 30 dernières années (Klassen, Tze, Betts et Gordon, 2010). D'ailleurs, selon Gordon (2010), les enseignants.es ayant un sentiment d'efficacité personnelle élevé sont plus engagés et moins stressés dans leur travail que les autres possédant un sentiment d'auto-efficacité faible (Bullock, Coplan, et Bosacki, 2015). Compte tenu de toutes ces données, nous avons dégoté important d'enrichir nos connaissances sur deux perspectives dont le terrain d'étude sera les écoles inclusives tunisiennes. Nous visons, d'un côté, à déployer les croyances motivationnelles des enfants tunisiens à HPI en lien avec leurs performances scolaires. De l'autre côté, nous envisageons de découvrir les différentes possibilités qui s'offrent aux enseignant.es pour prendre en charge convenablement les enfants à HPI, leur préserver la meilleure éducation et leur permettre de réussir, du moins, socialement et scolairement. En se basant sur l'étude de quelques cas, nous allons documenter les spécificités de sentiment d'efficacité personnelle de quelques enseignants et enseignantes. Nous puissions alors explorer le type de corrélation qui rassemble donc les performances scolaires de ces enfants tunisiens avec le sentiment d'efficacité personnelle de leurs enseignant.es. Est-ce qu'ils se sentent capables ou pas à faire face avec les besoins de cette population d'enfants ? Ainsi, au vu de notre objectif de recherche, un certain nombre de questions de recherche méritent d'être posées. Nous les citons comme suit : Quel est le lien qui corrèle les performances scolaires des apprenants.es tunisiens à HPI scolarisés dans les écoles inclusives avec leurs croyances motivationnelles et celles d'auto efficacité du personnel enseignant ? Dans quelle mesure ces apprenants.es tunisiens à HPI se croient-t-ils motivés lors des apprentissages scolaires ? De même pour les cas choisis des enseignants et des enseignantes, dans quelle mesure se sentent-t-ils efficaces vis-à-vis l'accompagnement des enfants tunisiens à HPI dans une classe inclusive ? Quelles sont les sources qu'alimentent le plus les croyances motivationnelles chez ces apprenants.es et les croyances d'efficacité personnelle du personnel enseignant ? Est-ce que les croyances motivationnelles des apprenants.es tunisiens à HPI sont influencées par les facteurs liés à l'élève (tels que le genre, l'âge, et le type de réussite : phase d'échec ou de réussite scolaire vécus par l'élève) ? Est-ce que les facteurs liés au personnel enseignant (l'année d'expérience, le genre, le type de formation initiale et le fait d'avoir un enfant à HPI en famille) impactent-ils les croyances d'efficacité personnelle de la personne enseignante à faire face avec les enfants tunisiens à HPI dans les écoles inclusives ?