Solastalgie et paysage : l’extraction minière en territoire autochtone, Suède et Etats-Unis
| Auteur / Autrice : | Emma Wolton |
| Direction : | Fabienne Joliet, Sacha Gironde, Thora Martina Herrmann |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Géographie |
| Date : | Inscription en doctorat le 02/09/2022 |
| Etablissement(s) : | Institut Agro |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sociétés, temps, territoires (Angers) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut Jean-Nicod (Paris) (2002-....) - ESO UMR 6590 - Espaces et Sociétés |
| École d'inscription : L'Institut Agro Rennes-Angers (2020-....) | |
| : University of Arizona |
Mots clés
Résumé
Cette thèse se situe au croisement entre géographie culturelle et philosophie de l’environnement et porte sur le concept de solastalgie, qui est définit comme une souffrance psychologique face à la transformation/dégradation de son environnement proche (Albrecht, 2005). Cette recherche vise à enrichir le concept de solastalgie en proposant une nouvelle approche fondée sur une analyse des pratiques, des expériences et des représentations spatiales. De nombreuses études sur la solastalgie ont été réalisées dans les domaines de la philosophie et de la santé mentale, se focalisant sur l’aspect individuel et psychologique du phénomène. Cette thèse propose d’explorer les dimensions collective, corporelle et temporelle de la solastalgie, qui restent jusqu’à présent peu connues. Nos hypothèses de départ sont les suivantes : (1) la solastalgie n’est pas seulement un phénomène vécu de manière individuelle, mais peut être expérimenté collectivement ; (2) la solastalgie se rapporte à des états affectifs qui engagent inséparablement le corps et l’esprit ; (3) la variabilité des rapports aux temps dans différentes cultures transforme l’expérience solastalgique. Cette réflexion s’ancre dans des contextes géographiques, historiques et socio-culturels spécifiques, en s’appuyant sur deux études empiriques réalisées en Suède et aux Etats-Unis, où les habitants de Jokkmokk (nord de la Suède) et de Tucson (sud de l’Arizona) anticipent la transformation de leur environnement face à des projets de mine à ciel ouvert. Il s’agit de villes multiculturelles où coexistent des personnes issues de la société moderne occidentale et de cultures autochtones, notamment Sami à Jokkmokk et Tohono O’odham à Tucson. Des enquêtes de terrain ont permis de développer une méthode de collecte de données qualitatives, fondée sur une analyse de l’iconographie, des observations in situ et des entretiens réalisés auprès d’un échantillon de la population. Ces éléments ont ensuite été articulé avec des recherches théoriques sur la solastalgie. La thèse s’organise autour de trois axes de recherche : on commencera par étudier la configuration des territoires et la construction des savoirs géographiques afin de révéler la dimension collective de la solastalgie. On analysera ensuite les diverses expériences et représentations du paysage afin de dévoiler la dimension corporelle et sensorielle de la solastalgie. Enfin, on accordera une attention particulière aux liens entre temporalités et mémoires afin de penser différentes formes de solastalgie en fonction des cultures autochtones et occidentales. Les objectifs de ce travail sont (1) d’étoffer le concept de solastalgie en le distinguant d’autres émotions climatiques/écologiques (éco-anxiété, deuil écologique) ; (2) de comparer les manifestations de la solastalgie selon le milieu socio-culturel des acteurs ; (3) de créer une typologie afin d’analyser et de classer les expériences de la solastalgie.