Thèse en cours

Les pouvoirs du juge dans la réforme du droit des contrats

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Auteur / Autrice : Mamadou Boubacar Traoré
Direction : Hervé Lecuyer
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Droit privé et sciences criminelles
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2019
Etablissement(s) : Université Paris-Panthéon-Assas
Ecole(s) doctorale(s) : Droit privé
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de droit civil

Résumé

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La question des pouvoirs du juge a été débattue en toutes époques. Dans une thèse soutenue en 1936, un auteur a magnifiquement résumé le problème de l'immixtion du juge et du législateur dans le sanctuaire de la volonté. En effet, d'un côté, il rappelle : « combien la notion d'obligation fondée sur l'échange des volontés a coûté à l'humanité et combien il est essentiel, pour le droit moderne et pour la civilisation, de préserver la force du lien contractuel ». Ensuite, l'auteur insiste : « sur la nécessité de concilier ce principe — clé de voûte du droit des obligations et affirmé avec vigueur par l'article 1134 du Code civil — avec le souci légitime d'éviter qu'une application trop rigide ne heurte l'équité, sans laquelle il n'y a pas de véritable justice ». Ainsi, le rôle et la place du juge en matière contractuelle constituent une problématique centrale. Ils traduisent toujours une philosophie et une politique juridique de l'État. La question, simple en apparence mais de portée capitale, est la suivante : faut‑il restreindre drastiquement les pouvoirs du juge pour préserver la primauté de la volonté des parties, ou lui reconnaître au contraire un rôle important ? À cette question, certains auteurs préconisent une législation sobre et générale, en laissant au juge, que le professeur Ripert appelait justement le « législateur des cas particuliers », une large liberté d'action. D'autres en revanche, souhaitent tenir le juge le plus possible à l'écart du contrat au nom du principe de liberté de contractuelle. Face à ce dilemme, aucune solution n'est entièrement satisfaisante : ni un juge entravé dans son action au nom du respect absolu de la volonté contractuelle, ni un juge omnipotent au nom d'un idéal de justice ou de l'ordre public. Un droit des contrats juste et efficace se propose plutôt de rechercher un juste milieu comme le rappelaient déjà les Romains, ''in medio stat virtus'', un équilibre délicat entre libertés contractuelles et exigences d'équité et d'ordre public. Il doit résoudre cette difficile équation, qui au fond dépasse largement le seul cadre du contrat et renvoie à l'histoire même des rapports entre liberté et ordre public. Par conséquent, la présente étude se propose d'examiner si les pouvoirs du juge sont réellement exorbitants ou au contraire simplement raisonnables, si ce juste milieu entre la liberté et l'ordre public a été trouvé par le législateur moderne.