Le pouvoir jurisprudentiel en droit public
| Auteur / Autrice : | Esteban Renaud |
| Direction : | Bertrand Seiller |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit Public |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/09/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Paris-Panthéon-Assas |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Droit public interne, science administrative et science politique - Georges Vedel |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherche en droit administratif |
Mots clés
Résumé
Si la notion de pouvoir jurisprudentiel est rarement utilisée en doctrine, elle recouvre pourtant, en droit public, une réalité patente. Bravant l'interdit des « arrêts de règlement », le Conseil d'État a en effet admis de moduler dans le temps l'application d'une innovation jurisprudentielle qu'il pose explicitement comme une « règle ». L'utilisation de cette faculté, jusqu'alors à la discrétion du juge suprême, se voit aujourd'hui encadrée par la Cour européenne des droits de l'homme depuis son arrêt Legros et autres contre France de 2023. Le contrôle opéré par le Conseil constitutionnel à l'occasion d'une question prioritaire de constitutionnalité portant sur la portée effective qu'une interprétation jurisprudentielle constante confère à une loi constitue une autre limite à ce pouvoir. Outre ces limites juridictionnelles, le pouvoir jurisprudentiel se mesure aussi à l'aune de la légitimité des juges qui l'exercent. À ce titre, le pouvoir jurisprudentiel d'une juridiction, s'il renvoie bien à sa faculté de poser des règles générales par ses décisions et à imposer ces solutions, renvoie aussi à sa capacité à en contrôler l'interprétation a posteriori. Ceci peut passer par divers dispositifs, comme les conclusions du rapporteur public ou la publication de commentaires de décisions issus de la juridiction elle-même. Cette thèse se donne pour objectif d'étudier ces phénomènes au prisme de la notion de pouvoir, afin de proposer une étude renouvelée du statut de la norme jurisprudentielle en droit administratif.