Les effets du Brexit sur la citoyenneté de l'Union européenne
| Auteur / Autrice : | Adèle Kauffmann |
| Direction : | Anastasia Iliopoulou-penot |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit public |
| Date : | Inscription en doctorat le 08/10/2021 |
| Etablissement(s) : | Université Paris-Panthéon-Assas |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Droit international, droit européen, relations internationales et droit comparé |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de droit européen |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
L'affirmation de l'arrêt Grzelczyk selon laquelle « le statut de citoyen de l'Union a vocation à être le statut fondamental des ressortissants des États membres », ayant connu une évolution dans l'arrêt X, est devenue le leitmotiv de la jurisprudence et de la doctrine en la matière. De cette façon, les citoyens de l'Union peuvent être considérés comme les uniques bénéficiaires du statut, occupant ainsi une place de choix s'agissant de ce dernier et de la construction européenne. Cependant, certains évènements, et notamment le Brexit, agissent comme des révélateurs de la place réelle des citoyens de l'Union par rapport à la citoyenneté de l'Union : ces derniers ont en réalité une position précaire. Leur place dépend, d'une part, de la participation de leur État à la construction européenne en raison du « lien indissociable et exclusif » entre nationalité d'un État membre et citoyenneté de l'Union européenne. Mais elle dépend également, d'autre part, de la relation Union-États membres et des choix effectués par ces derniers pour le statut de citoyen de l'Union et, plus largement, pour la construction européenne dont la raison d'être est le processus d'intégration. Cela est d'autant plus clair au regard de la prééminence de l'objectif d'intégration des ordres juridiques des États membres à l'ordre juridique de l'Union et inversement, par rapport à l'intégration systémique des individus, en tant que sujets de droit, au même ordre juridique de l'Union, qui conduit à un déséquilibre important. Plus encore, le processus d'intégration centré sur l'intégration Union-États membres se réalise notamment grâce à l'instrumentalisation de l'intégration systémique et sociale des individus. Ainsi, ce travail de recherche tend à réaliser une relecture du champ de la citoyenneté de l'Union, sous un nouvel angle privilégiant une approche par la relation Union-État membre. Il met en avant les réalités de l'équilibre tripartite au fondement de la construction européenne : la relation triangulaire initialement envisagée doit être repensée sous forme d'une balançoire à bascule. L'Union et les États membres se placent dès lors en tant que bénéficiaires du statut de citoyen de l'Union, aux côtés des citoyens de l'Union, en ce que ce statut constitue un élément de définition de la construction européenne. Il permet notamment à l'Union et aux États membres d'avoir une incidence mutuelle sur leurs pouvoirs et compétences respectifs. Par exemple, l'Union européenne supervise par cette voie les compétences retenues des États membres en matière de définition des conditions d'acquisition et de retrait de leur nationalité, tandis que les États membres conservent une mainmise sur l'évolution de la nature de la construction européenne. Dès lors, l'étude de l'acquisition et de la perte du statut de citoyen de l'Union, des droits attachés au statut de citoyen de l'Union, du phénomène de marchandisation de la nationalité des États membres ou encore des conséquences du Brexit, dévoile un équilibre au fondement de la construction européenne centré sur la participation des États membres. Dit autrement, la citoyenneté de l'Union serait moins un statut fondamental pour les ressortissants des États membres que le pendant de la participation de l'État à l'Union.