L'objectif de stabilité financière en droit de l'Union européenne
| Auteur / Autrice : | Alexandre Duwel |
| Direction : | Francesco Martucci |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit public |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/09/2021 |
| Etablissement(s) : | Université Paris-Panthéon-Assas |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Droit international, droit européen, relations internationales et droit comparé |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de droit européen |
Mots clés
Résumé
Depuis la crise économique de 2008, la stabilité financière a en effet intégré le vocable juridique de l'Union européenne, sans pour autant que l'on puisse en saisir les contours. La préservation de la stabilité financière a permis de justifier l'adoption de mesures conséquentes, d'un point de vue politique et économique, tels que des mécanismes de sauvetage financiers à destination des États membres, des programmes de rachats de titres financiers par la BCE, ou encore l'harmonisation de la supervision bancaire européenne. Bien que cette extension de compétences se justifie aisément sur le plan politique, la légitimitation juridique de telles actions pâtit de l'absence de la stabilité financière au titre des objectifs et compétences prévus par les traités. Aussi, l'action européenne en matière de stabilité financière connaît des résistances, notamment symbolisées par l'affaire Weiss (CJUE, 11 décembre 2018, ECLI:EU:C:2018:1000). Peu étudié jusqu'alors en doctrine, l'objectif de stabilité financière mérite d'être cerné en profondeur. Des recherches accomplies, ressortent deux interrogations principales. La première est relative à la définition de la stabilité financière. Autrement dit, il s'agit de déterminer ce que désigne ce concept, tant dans la doctrine économique que juridique, et incidemment, la manière dont il a s'insère au sein de la constitution économique européenne. Cela suppose préalablement de travailler sur la consécration de la stabilité financière en tant qu'objet de régulation publique globale, eu égard au fait qu'elle constitue, d'une part, l'une des conditions centrales du bon fonctionnement du système financier, et d'autre part, que la régulation par les acteurs privés ou appliquée seulement à l'échelon national s'est révélée défaillante. Une fois les justifications à la poursuite de la stabilité financière à une échelle supranationale exposées, il convient d'observer la manière par laquelle elle est devenue un objectif primordial de la constitution économique européenne, tant dans le cadre micro-économique (libertés de circulation et règles de concurrence), que macro-économique (Union économique et monétaire). Bien que centrale, sa place est toutefois concurrencée par les autres objectifs intermédiaires concourant à la réalisation du marché intérieur. La seconde interrogation porte quant à elle sur la mise en uvre de l'objectif de stabilité financière et sur les effets qu'elle peut engendrer sur l'ordre juridique de l'Union européenne. Ce second axe n'est pas autonome. L'objet de la thèse est en effet de démontrer comment les particularités liées à la caractérisation matérielle et formelle de la stabilité financière, telles qu'exposées plus haut, ont pu justifier l'élaboration d'un cadre juridique ad hoc. Ces adaptations se retrouvent dans la formation d'un cadre institutionnel composite, alliant recherche de technicité et respect de la répartition des compétences et des pouvoirs. Elles sont également observables dans l'élaboration d'un cadre matériel dédoublé afin de permettre, d'une part, la stabilisation du système financier par l'usage de moyens exorbitants en période de crise, et d'autre part, le maintien de la stabilité par la diversification des instruments de régulation en prévention de nouvelles crises.