Intelligence artificielle générative et droit des brevets
| Auteur / Autrice : | Ahmad Bardan |
| Direction : | Jérôme Passa |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit privé et sciences criminelles |
| Date : | Inscription en doctorat le 02/09/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Paris-Panthéon-Assas |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Droit privé |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut de recherche en propriété intellectuelle Henri Desbois |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
1- Contexte L'évolution des techniques d'intelligence artificielle (IA), y compris l'apprentissage automatique, a soulevé des défis juridiques dans le domaine de la propriété intellectuelle, et particulièrement le système de brevets. Depuis l'émergence de l'IA générative (IAG), cette technologie est devenue capable de créer des inventions similaires à celles des humains, ce qui pose des questions sur la protection juridique de ces créations. En effet, ledit système est conçu dans le but de stimuler l'innovation et la créativité humaine, tout en garantissant un équilibre entre l'intérêt public et le bien-être sociétal. Cependant, l'accent souvent anthropocentrique du droit de brevets, avec des termes comme « inventeur » ou « personne ayant des compétences ordinaires dans l'art », évoque des interrogations sur le statut des inventions produites par l'IAG. Le processus de création par l'IAG, dépendant de vastes ensembles de données, soulève de surcroit des préoccupations quant aux violations potentielles des brevets existants, surtout avec des caractéristiques comme l'autonomie et l'effet de « boîte noire » qui compliquent davantage les questions liées à la contrefaçon. De plus, et malgré les efforts d'harmonisation internationale, le principe de territorialité pose néanmoins des barrières quant à la reconnaissance et à l'applicabilité des brevets à l'échelle mondiale, ainsi qu'à l'interprétation des exigences de brevetabilité, en particulier dans les juridictions aux approches conservatrices. Cette analyse invite à réfléchir sur l'adaptabilité des régimes de brevets actuels face à l'âge de l'IA, afin de combler les lacunes potentielles et éviter des ramifications futures. Par conséquent, l'intégration de l'IAG dans le système des brevets exige une approche holistique, dépassant l'analyse théorique simple pour évaluer les implications pratiques, éthiques et légales. 2- Problématique La recherche aborde le manque d'une politique de propriété intellectuelle adéquate pour principalement encadrer les inventions issues par l'IAG, en visant à assurer certitude juridique, équité, transparence et incitations équilibrées pour les parties prenantes. À l'heure actuelle, un tel discours est minimal, fragmenté et dispersé en initiatives. Par conséquent, cette recherche explorerait les deux questions principales suivantes : Dans quelle mesure le régime des brevets s'adapte-t-il à la technologie GAI et aux inventions artificielles ? Inversement, quels défis juridiques et facteurs doivent être pris en compte pour naviguer la reconnaissance et protection de telles inventions ? 3- Objectifs La recherche examine les principaux aspects qui influence la politique de PI pour les inventions en l'IAG : brevetabilité, responsabilité, concurrence et considérations transfrontalières. Des lors, les objectifs sont : i. Évaluer la capacité et l'adéquation du système de brevet actuel à intégrer l'IAG, en gardant à l'esprit les discussions philosophiques et pratiques pertinentes. ii. Analyser si les conclusions favorisent ou freinent la protection de l'innovation artificielle après avoir examiné les scénarios majeurs de solubilité et/ou de résistance au sein des règles et principes établis liés aux brevets. 4- Méthodologie de recherche Une approche doctrinale sera appliquée qui associe l'analyse et la description des doctrines juridiques. On va examiner la protection des inventions en IAG en vertu de quatre dimensions clés, avec une approche interdisciplinaire, quand nécessaire, pour explorer les aspects historiques, sociaux, philosophiques et économiques. En plus, la thèse évaluera la nécessité de réformes légales en utilisant une approche comparative entre l'UE, les États-Unis et le Royaume-Uni en principe. 5- Signification du projet Les inventions artificielles en matière de PI manquent d'une analyse approfondie, surtout d'une façon comparative (droit civil/commun). La question de la nécessité, de la valeur et des moyens de leur protection demeure floue.