Hétérogénéités de la température en montagne : vers une meilleure prise en compte dans Arome
| Auteur / Autrice : | Danaé Préaux |
| Direction : | Isabelle Gouttevin, Ingrid Etchevers |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Océan, Atmosphère, Climat |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 17/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Toulouse (2023-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de lu2019univers, de lu2019environnement et de lu2019espace |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : CNRM - Centre National de Recherches Météorologiques |
| établissement délivrant conjointement le doctorat : Institut national polytechnique (Toulouse ; 1969-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Matthieu Plu |
| Examinateurs / Examinatrices : Isabelle Gouttevin, Ingrid Dombrowski-etchevers, Vincent Vionnet, Haraldur Ólafsson, Martin Menegoz | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Vincent Vionnet, Haraldur Ólafsson |
Mots clés
Résumé
En montagne la sécurité des personnes et des biens est parfois mise à mal par les aléas météorologiques. Les modèles de prévision numérique du temps (PNT) à haute résolution spatiale ont pour objectif de permettre l'anticipation de ces phénomènes dangereux. La température de l'air proche de la surface en est un paramètre majeur. Elle impacte les épisodes de pollution, la phase des précipitations et les conditions de circulation routière, l'évolution du manteau neigeux et par transition, le risque d'avalanche. Cependant, la topographie des régions montagneuses y complexifie les processus physiques, engendrant des hétérogénéités de températures que les modèles peinent à prévoir. Cette thèse a pour objectif de mieux comprendre l'influence de ces hétérogénéités sur la prévision de température en montagne, en vue de leur prise en compte. Elle s'appuie sur le modèle Arome utilisé à Météo-France. Dans un modèle de PNT, l'assimilation a pour but d'obtenir un état initial de l'atmosphère le plus représentatif possible à partir d'une ébauche et d'observations. Or, les réseaux d'observation présentent des disparités dans la répartition des stations en zones de montagne, plus dense en vallées que sur les sommets ; mais aussi dans la hauteur de mesure de la température. En effet, les stations de haute montagne, comme les ''nivôses'' de Météo-France, conçues pour des hauteurs de neige importantes, voient leur capteur de température positionné à une hauteur plus élevée qu'en plaine. Or ces différences de hauteurs sont ignorées dans l'assimilation d'Arome. Nous démontrons que cette approximation mène à une analyse trop chaude en montagne, plus particulièrement au-dessus de 2000 m. Par ailleurs, elle provoque un rejet fréquent des observations de haute montagne. En second lieu, la méthode utilisée dans Arome pour l'assimilation d'altitude ne prend pas en compte l'effet du relief, qui peut rendre très différentes des stations pourtant proches géographiquement. Nous montrons que cela nuit à l'analyse, en engendrant des corrections qui accentuent les biais natifs au lieu de les corriger. La plus-value d'une meilleure prise en compte du relief dans les fonctions de structure de l'analyse est ainsi montrée. Au niveau de l'évaluation du modèle, des études précédentes identifiaient pour Arome un biais froid nocturne à 2 m, très marqué en hiver. En réalité, nous montrons que les observations de haute montagne permettent surtout de calculer des scores au premier niveau du modèle, et non pas à 2 m. Après revisite, un biais froid diurne, principalement au printemps, et un léger biais chaud nocturne sont présents en haute-montagne à ce niveau, tandis que le biais à 2 m peut seulement être évalué à un nombre limité de sites instrumentaux. Il apparaît donc majeur de considérer la hauteur de la mesure au-dessus du sol,, pour une caractérisation objective des biais des modèles : un pré-requis indispensable à leur compréhension et correction. Nous montrons par ailleurs que le contexte topographique et la saisonnalités sont des ingrédients importants de cette caractérisation, non exempts toutefois de limites. Enfin, les biais de température d'Arome sont particulièrement marqués en conditions stables. Aussi, différentes méthodes visant à en améliorer la représentation sont examinées. Une représentation verticale plus fine, combinée à des échanges turbulents augmentés, donnent des résultats très prometteurs pour la représentation du profil de température en haute-montagne. Toutefois, dans le cas d'Arome, ces changements ne suffisent pas à résoudre les biais natifs. D'autres pistes, comme l'amélioration des schémas de sol et de neige, la représentation des courants catabatiques et plus généralement des progrès dans la représentation des échanges turbulents au sein des couches limites de montagne, seront donc à explorer à l'avenir pour comprendre et résoudre dans leur intégralité les biais de températures des modèles de prévision numérique du temps en montagne.