Ce que fait une discipline universitaire à ses étudiant∙es. Une enquête sur l’appropriation des savoirs et les effets socialisateurs des licences d’économie, de psychologie et de sociologie
| Auteur / Autrice : | Noé Fouilland |
| Direction : | Mathias Millet |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sociologie, démographie |
| Date : | Inscription en doctorat le 09/10/2023 |
| Etablissement(s) : | Poitiers |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Humains en société (Poitiers ; 2022-....) |
Mots clés
Résumé
À partir du suivi longitudinal d’étudiant∙es inscrits en licence d’économie, de psychologie et de sociologie dans une métropole française, ce travail entend approcher la socialisation différenciée à l’œuvre au sein de ces disciplines universitaires. Pour ce faire, il procède dans un premier temps à une caractérisation de la forme sociohistorique de relations sociales propre à l'institution universitaire, ainsi que des types de savoirs spécifiques aux « sous-mondes » disciplinaires étudiés. L’analyse des maquettes et supports de cours des licences permet en particulier d’identifier des types de classification des savoirs, des modalités de cadrage des activités pédagogiques, des schèmes d’explication du monde et des rapports à l’empirie différenciés selon la discipline. Le deuxième temps de l'analyse traite de l'appropriation des « rôles » disciplinaires par les étudiant∙es. Quatre modes d’appropriation des attentes institutionnelles et d’engagement dans la discipline étudiée sont distingués, et rapportés à des propriétés scolaires et sociales spécifiques. C’est tout un rapport au savoir, aux études, au discours et à l’ordre social qui conduit selon les cas à « refuser son rôle », « s’en tenir à son rôle », « s’attacher à son rôle » ou « maîtriser son rôle ». La thèse s'intéresse enfin dans une dernière partie aux effets de la socialisation universitaire hors des seuls enseignements, déclinés selon trois dimensions : des effets cognitifs directs liés au transfert des savoirs et schèmes disciplinaires dans d’autres espaces sociaux ; des effets cognitifs discrets sur le rapport à la culture, au travail et sur les postures adoptées vis-à-vis du monde ; des effets politiques sur l’appréhension du champ politique et via l’« économicisation », la « sociologisation » ou la « psychologisation » des enjeux et clivages sociaux.