Thèse en cours

La joie de l'inconfort, représentations du confort et espaces confortés

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Marion Boisset
Direction : Anna Rosellini, Sébastien Marot
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Architecture
Date : Inscription en doctorat le 01/09/2024
Etablissement(s) : Université Gustave Eiffel
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Ville, Transports et Territoires
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : OCS - Observatoire de la condition suburbaine

Mots clés

FR  |  
EN

Résumé

FR  |  
EN

Rarement interrogée, l'évidence d'un désirable « confort » architectural est largement partagée. Ce « confort » est historiquement le produit de représentations culturelles, techniques, éthiques, aussi inapparentes qu'impensées. Or il en va du confort comme du temps chez Saint Augustin : « si personne ne me demande ce que c'est, je sais ce qu'il est ; et si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus ». Formé dans la matrice anglo-saxonne de la bourgeoisie industrielle, l'idée de comfort aura déterminé durablement le travail des architectes et l'expérience des habitants en imposant un territoire polarisé par un paradigme logiquement stérile et tautologique puisque confort et inconfort y reçoivent leur définition l'un de l'autre. Cette vision, bien que largement acceptée, repose sur des normes anachroniques d'un super confort qui façonnent nos attentes et notre imaginaire de l'habitat. Cette sédimentation imaginaire importerait peu si elle ne produisait des effets performatifs de grande ampleur. Il ne s'agit pas seulement de clarifier la généalogie conceptuelle du confort, mais de repenser une éthique et une matérialité adaptées à un monde abîmé par l'anthropocène, l'épuisement des ressources et le dérèglement climatique. Les normes et attentes actuelles continuent d'adhérer à une idéologie passée, idéalisant un super confort technophile qui pose la question : peut-on explorer d'autres modalités de l'inconfort qui seraient, elles, ordonnées à une éthique du temps présent, pour lequel aménager impose de ménager ? Ce travail de recherche vise à inventorier et à comprendre les qualités et les bénéfices potentiels de l'in- confort, entendu non comme régime de privation ou absence de confort mais comme sortie d'un paradigme ancien aujourd'hui intempestif. Nous nous appuierons sur les théories contemporaines du XXIème tout en convoquant un spectre historique large. Ancrée dans le temps présent, notre approche vise ainsi à reconstituer une histoire critique de l'inconfort, une chronologie, à travers les théories qui ont émergé durant les dernières décennies. ll s'agit d'un effort pour déplacer une notion qui aboutit à la frustration d'un super confort jamais atteint, à la surenchère des systèmes de contrôles technophiles, vers un ensemble d'outils de conception propres à dessiner un nouvel idéal de bien-être dans l'habitat. Passer du confort acceptable au bien-être consenti : habiter, non pas de manière confortable mais de manière confortée, une architecture où l'occupant, actif, participe à l'élaboration de son propre confort.