Le cadre à l’épreuve des plateformes : actual-play et reconfiguration des régimes de la fiction
| Auteur / Autrice : | Valentin Camus |
| Direction : | Marida Di Crosta |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de l'information et de la communication |
| Date : | Inscription en doctorat le 26/10/2024 |
| Etablissement(s) : | Lyon 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Éducation, psychologie, information et communication (Lyon ; 2007-....) |
Mots clés
Résumé
Phénomène en expansion rapide dans le paysage médiatique contemporain, l’actual-play (parties de jeu de rôle sur table médiatisée) s’inscrit à la croisée des transformations des pratiques ludiques, des formes performatives et des dynamiques de plateformisation. Il ne constitue pas seulement une mutation des pratiques médiatisées, mais engage une reconfiguration des conditions de production, de mise en scène et de stabilisation de la fiction dans les environnements numériques. Les modèles classiques, qu’ils relèvent des sciences du jeu, de la théorie de la fiction ou de l’analyse des interactions, reposent sur une séparation des régimes (ludique, fictionnel et spectaculaire) et sur la nécessité d’un cadre homogène garantissant la feintise et la cohérence de l’activité. Or, l’actual-play donne à voir un dispositif médiatique dans lequel ces régimes coexistent et s’articulent sans se neutraliser, au sein même des plateformes. Dans le prolongement des travaux sur la feintise et le cadre pragmatique, cette recherche analyse la manière dont les infrastructures de diffusion, les interfaces et les formes d’interaction reconfigurent conjointement le cadre ludique, fictionnel et performatif. La pluralité des régimes d’adresse (jouer, raconter, se montrer) n’y apparaît plus comme une source de perturbation, mais comme une condition de stabilité : elle devient constitutive de l’engagement fictionnel dans un environnement structuré par la visibilité et la participation. L’actual-play apparaît ainsi comme une forme médiatique spécifique, au sein de laquelle jeu, fiction et performance ne relèvent plus de logiques distinctes, mais d’un même système dynamique, où immersion, coordination et exposition se co-produisent.