Thèse en cours

LES COMMUNAUTÉS ANIMALES DES SOLS DES ÉTAGES ALPINS ET NIVAUX : ÉCOLOGIE, RÉSEAU TROPHIQUE ET LIENS AVEC LA DYNAMIQUE DES HUMUS

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Auteur / Autrice : Gabriel Marais
Direction : Jian-Sheng SunNicolas Bernier
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences de l'environnement
Date : Inscription en doctorat le 01/12/2024
Etablissement(s) : Paris, Muséum national d'histoire naturelle
Ecole(s) doctorale(s) : DIVONA (Diversités, Origines, Natures)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Structure et Instabilité des Génomes

Résumé

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Les écosystèmes des étages alpins et nivaux subissent actuellement des changements climatiques majorés par rapport aux écosystèmes de plaine. De profondes modifications dans leur structure, composition spécifique et fonctionnement sont donc attendues. Cependant, malgré le risque de métamorphose des écosystèmes d'altitude, leurs humus et la faune qu'ils abritent restent à ce jour très largement méconnus. Les travaux préliminaires mettent en évidence des communautés de collemboles d'altitude structurées autour d'un nombre certes limité d'espèces (environ 20 espèces) mais, pour la plupart, tout à fait originales (très rares, voire absentes à plus basse altitude). À l'inverse, le cortège d'espèces communes qui structure ordinairement les communautés de collemboles de la plaine aux forêts subalpines sont totalement absentes. L'hypothèse à vérifier est que les communautés animales du sol seraient davantage structurées par des facteurs de stress physico-chimiques d'origine climatiques que par des facteurs de régulation biologique. À l'instar des communautés végétales, la structuration des communautés animales des sols de haute altitude se ferait moins sur des bases d'interactions biologiques (compétition, facilitation, commensalisme…) que sur des critères physiologiques de résistance individuelle au stress climatique. Selon cette hypothèse, les modifications du climat influencent la structuration et la complexité des réseaux trophiques du sol. Les espèces opportunistes seraient favorisées par les conditions extrêmes régnant en haute altitude, tandis qu'un environnement riche en humus et en végétation soutiendrait une biodiversité structurée et complexe. L'hypothèse de travail sur laquelle s'adosse la thèse est qu'à une altitude et un lieu spécifique, il existe une mosaïque de végétation marquant divers stades de développement des humus et d'accumulation de matières organiques. Ce gradient d'accumulation de matières organiques pourrait servir de proxy pour analyser les impacts des changements climatiques sur les écosystèmes de haute altitude. Pour explorer cette hypothèse, nous proposons d'employer une combinaison de méthodes d'échantillonnage de la faune du sol : extraction à sec et par voie humide, piégeage de type Barber, chasse à vue... L'identification de la faune du sol serait basée à la fois sur des critères morphologiques et des analyses génétiques. L'approche par ADN environnemental à partir d'échantillons de sol a le double intérêt de proposer une vision alternative pour les groupes déjà identifiés visuellement et également d'élargir la palette des organismes du sol à d'autres groupes tels que les protistes, les bactéries et champignons. Cette étude des organismes du sol sera complétée par l'analyse micro-morphologique des humus et des analyses de laboratoire sur la matière organique. L'objectif principal est de décrire avec précision les communautés et les réseaux trophiques du sol, en intégrant des analyses multivariées pour modéliser les interactions entre faune, humus, et conditions climatiques, et ainsi élucider les mécanismes de résilience écologique en haute altitude. Les résultats obtenus permettront de consolider les connaissances sur l'organisation taxonomique des communautés animales du sol et d'élaborer des modèles des interactions entre la faune, l'humus et le climat. Ces modèles aideront à identifier les facteurs clés influençant la résilience écologique en haute altitude, en mettant en lumière les mécanismes par lesquels les changements climatiques affectent l'accumulation de matière organique et, par extension, la biodiversité et la stabilité des écosystèmes montagnards. Ces travaux seront aussi valorisés via des bases de données (INPN et GenBank) et les collections du MNHN. L'ensemble des travaux contribuera à des actions de préservation des écosystèmes d'altitude en lien avec des programmes de recherche voisin (Ice&Life) et des acteurs naturalistes locaux.