Thèse en cours

Relation entre microfinance et impact social et environnemental

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Auteur / Autrice : Asma Ghariani
Direction : Karim Messeghem, Moez Bennouri
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences de gestion et du management
Date : Inscription en doctorat le 01/09/2024
Etablissement(s) : Université de Montpellier (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Economie Gestion de Montpellier
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : MRM - Montpellier Recherche en Management

Résumé

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Depuis l'apparition de la microfinance dans les années 2000, le nombre d'institutions de microfinance (IMF) a augmenté de manière considérable (Cull and Morduch, 2018 ; Lopez and Winkler, 2018) Les institutions de microfinance (IMF) sont largement reconnues et les services de microcrédit sont de plus en plus fréquents dans les pays en développement, touchant tous les secteurs économiques. Ces institutions fournissent un large éventail de services, notamment des prêts, de l'épargne, de l'assurance et des transferts de fonds aux pauvres des zones rurales et urbaines. La microfinance a un rôle de plus en plus important dans le développement de l'entrepreneuriat, notamment en termes de nécessité et de réduction de la pauvreté. Face à cette prolifération rapide, les IMF doivent s'adapter aux différents contextes dans lesquels elles opèrent pour améliorer l'accès des plus pauvres aux services financiers (la durabilité sociale) tout en assurant la durabilité financière de leurs projets. La littérature sur la microfinance a connu un développement, ces dernières décennies portant, par exemple, sur l'accès et les contraintes de micro crédit pour les entrepreneurs et les PMEs. Les recherches montrent que plusieurs facteurs influencent l'octroi des crédits, tels que, la taille de projet, les actifs financiers, l'éducation et le secteur d'activité (Chandio et al., 2021 ; Nguyen et al., 2019). De la même manière, le genre est un facteur important, les femmes étant plus limitées dans l'accès au crédit que leurs homologues masculins, ce qui fait qu'elles sont moins nombreuses que les hommes à avoir accès au crédit formel. De plus, plusieurs chercheurs s'intéressent au management de la microfinance qui implique de relever un ensemble des défis et des opportunités afin de fournir des services financiers aux marchés mal desservi d'une façon efficace tout en adoptant des approches novatrices en matière de prêt, d'évaluation des risques et de service à la clientèle (Ahlin et Debrah, 2022) Un management efficace de la microfinance requiert, non seulement des contrôles financiers et une efficacité opérationnelle, mais aussi l'écosystème dans lequel elles opèrent. Ainsi, il est important d'équilibrer le double objectif de durabilité sociale et financière (Pattnaik et al., 2024) A ce niveau, les chercheurs mobilisent plusieurs théories pour comprendre le phénomène de la microfinance, son management et son impact sur les entreprises financées mais aussi les institutions de la microfinance. Certaines études ont utilisé la théorie institutionnelle pour comprendre l'interaction entre la mission sociale de IMF et les performances financières (Campbell, 2007 ; Gümüsay et al, 2020 ; Lee and Lounsbury, 2015). Ces études montrent que la façon dont les institutions se comportent en termes d'adéquation entre la mission sociale et les objectifs financiers dépendent des institutions au sein desquelles elles opèrent (exemple, Fligstein and Freeland, 1995 ; Hall et Soskice, 2001). L'intégration et la conciliation des objectifs de protection sociale et des performances financières pourraient constituer une tâche particulièrement ardue pour les IMF (Abate et al., 2014 ; Dalla Pellegrina et al., 2024). La littérature relative à ce sujet est très peu développée. Certains chercheurs confirment que, par exemple, très peu d'études ont abordé les raisons pour lesquelles chaque organisation agit de manière de manière socialement responsable (Campbell, 2004, 2007 ; Galaskiewicz, 1991 ; Maignan et Ralston, 2002 ; Rowley et Berman, 2000). Pour combler cette lacune dans la littérature, nous examinons s'il existe un compromis entre la durabilité sociale et environnementale et la durabilité financière. Notre étude vise à étudier le rôle des objectifs sociaux et environnementaux poursuivis pour les IMF sur leur performance financière tout en essayant d'interpréter le comportement des IMF dans le cadre d'une logique institutionnelle. Notre recherche examine s'il existe un compromis ente la durabilité financière, d'une part, et la durabilité sociale et environnementale d'autre part. A travers l'intégration de dimensions sociales et environnementales, nous visons à enrichir la littérature sur l'impact de la microfinance. En effet, certains chercheurs affirment que l'intégration et la conciliation des objectifs sociaux avec ceux financiers peut constituer une tache très ambiguë (Pedrini and Ferri, 2016). Les études ont montré que les objectifs financiers et sociaux influencent largement les frais de fonctionnement et d'administration associés au prêt (Abrar, 2019). Il est important, à ce niveau, pour les IMF, d'assurer l'équilibre entre la viabilité sociale en atteignant les classes les plus pauvres et la viabilité financière en raison de la difficulté La microfinance, à part son rôle financier, constitue un levier d'inclusion sociale incontestable. Elle permet de réduire la pauvreté et rendre accessible des opportunités entrepreneuriales pour les pauvres en réduisant la vulnérabilité et en augmentant leur productivité et revenus (Simo et al., 2023 ; Wu and Harris, 2014). A ce niveau, Les IMF peuvent utiliser leurs scores de durabilité sociale pour signaler à leurs investisseurs et parties prenantes que leurs décisions s'articulent avec leurs motivations éthiques (Beisland et al., 2021). De même, les programmes de la microfinance peuvent contribuer au développement équitable et durable (Gatto et Sadik-Zada, 2022). L'inclusion de la durabilité suscite un intérêt croissant les chercheurs dans ce domaine malgré quelques difficultés liés aux indicateurs mesurant cet impact. Allet, 2011 est considéré parmi les premiers auteurs qui ont étudié la performance environnementale des IMF à partir d'indicateurs de performance adaptés aux spécificités du secteur de la microfinance. Ainsi les IMF évaluent les prêts finançant les technologies vertes telles que les énergies renouvelables, l'agriculture durable, l'économie circulaire, la mobilité durable, etc. Dans cette thèse, nous nous appuyons sur les développements récents dans la littérature sur la microfinance, l'entrepreneuriat social (Zhao et Lounsbury, 2016 ; Bennouri et al., 2024 ; Battilana et al., 2015) et sur la durabilité (Hermes et Lensink,2011, García-Pérez et al., 2017) et soulignons l'intérêt de prêter attention aux différents impacts de la microfinance, la dynamique institutionnelle et l'écosystème dans lequel les IMF opèrent. Nous fondons notre recherche dans le contexte du secteur mondial de la microfinance, un contexte idéal pour mener des études comparatives entre plusieurs pays.