Palais civils en béton armé et mixité fonctionnelle (1880-1940) - Histoire et enjeux de réhabilitation d'un patrimoine monumental silencieux de la IIIe République
| Auteur / Autrice : | Clément Féménias |
| Direction : | Philippe Devillers, Théodore Guuinic |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Architecture |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Université de Montpellier Paul-Valéry |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Innovation Formes Architectures Milieux |
Mots clés
Résumé
La construction en béton armé a révolutionné l'architecture au XXe siècle par des avancées technologiques et esthétiques majeures et soulève aujourd'hui les principaux enjeux écologiques du secteur de la construction. Ses premières apparitions sont timides à la fin du XIXe siècle avant que son emploi ne devienne massif au sortir de la Seconde Guerre mondiale et s'impose comme la culture constructive dominante aujourd'hui encore. Au départ relégué à une fonction uniquement structurelle, son utilisation gagne un rôle visible et décoratif pour enfin incarner l'architecture de prestige au cours de l'entre-deux-guerres dont ce travail ambitionne de retracer l'histoire de ce matériau au prestige croissant depuis le début de son emploi en France et qui trouve un premier aboutissement dans l'architecture palatiale de l'entre-deux-guerres. Ces palais gagnent aujourd'hui en considération patrimoniale à la faveur d'une meilleure prise en compte des édifices du XXe siècle et offrent une opportunité de répondre aux préoccupations culturelles, patrimoniales et écologiques liées à la conservation des constructions en béton armé. Le matériau, victime de sa robustesse, est souvent très peu entretenu ce qui, couplé à ses propres défauts comme la corrosion des armatures, amène à sa détérioration au fil du temps. Aujourd'hui les grandes productions architecturales en béton armé du XXe siècle attirent l'attention en raison de leur nombre et de leur ampleur, mais aussi pour leur qualité architecturale. Il semble donc nécessaire, pour toutes ces raisons, de se pencher sur les premiers exemples de ce type de construction monumentale incarnés par les palais plurifonctionnels construits en béton armé au cours de la première moitié du XXe siècle. Ces palais relèvent de la création d'équipements publics accompagnant l'évolution des besoins de la société de loisirs. Aujourd'hui se présentent des enjeux de ré-usages sur des édifices pensés pour être plurifonctionnels et dont la continuité des usages fait l'objet de questionnements à la différence des édifices aux fonctions administratives toujours en activité comme les hôtels de ville ou les palais de justice. Deux grandes familles de commandes se distinguent : d'une part les équipements à valeur sociale comme les palais du peuple, les bourses du travail et les grandes maisons du peuple ; de l'autre, les complexes casino-salle de spectacle-hôtel-cinéma-thermes dans les villes détentrices d'une concession de jeux d'argent. Il existe un contraste entre les villes ouvrières et les villes thermales et de villégiatures qui affichent dans leurs centres-villes respectifs ces édifices à l'écriture architecturale expressive, monumentale et prestigieuse. Malgré l'intérêt qu'ils présentent à tous ces titres, ces édifices restent relativement peu étudiés dans leur globalité en France et certains exemples sont actuellement en état de périls. En quoi les palais civils en béton armé (1880-1940), premiers laboratoires de mixité fonctionnelle, sont-ils actuellement un patrimoine monumental silencieux de la IIIe République, soulevant aujourd'hui un double enjeu de réhabilitation morale et matérielle? L'étude imposera de travailler à différentes échelles , auxquelles correspondront trois corpus dont les périmètres seront respectivement définis aux échelles nationale, architecturale et à celle du matériau.