Les catalogues de femmes (Moyen νge-première Renaissance).
| Auteur / Autrice : | Lison Butte-baissade |
| Direction : | Nelly Labère |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Littérature française, francophone et comparée |
| Date : | Inscription en doctorat le 21/10/2024 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Montaigne-Humanités |
| Partenaire(s) de recherche : | Equipe de recherche : Plurielles |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
C'est essentiellement suite au De Mulieribus Claris, oeuvre latine de l'italien de Boccace, qu'un nouveau genre littéraire émerge : des textes brefs, pensés comme un ensemble cohérent et édifiant, destinés à présenter des vies de femmes réelles ou imaginaires. Ce que l'on nomme aujourd'hui « catalogues de femmes » est essentiel pour comprendre l'émergence de la notion de genre (littéraire) mais aussi de genre (genders) et c'est cette catégorie littéraire que fonde le De Mulieribus Claris. A sa suite, de nombreux catalogues vont voir le jour au Moyen Âge et dans la première Renaissance, témoignant d'un intérêt particulier de la période pour ces formes qui renouvellent le genre des ''miroirs des princes'' ou des ''cimetières de poètes'' - formes plus traditionnelles et surtout masculines du UBI SUNT? Le dénominateur commun des œuvres de notre corpus (catalogues féminins du Moyen Âge et de la Première Renaissance) est la mise en liste de notices biographiques plus ou moins succinctes de personnages féminins de toutes sortes (issus de la littérature profane ou religieuse, de la mythologie ou alors historique, fictive, légendaire…). Notre recherche vise à questionner le procédé de sélection et de classification subjectives mis en place par les auteurs pour de nouveaux lecteurs (ou lectrices). Dans le sillage des œuvres écrites lors de la Querelle du Roman de la Rose, il s’agit en effet pour eux de mettre en avant les aspects positifs du sexe féminin et son importance en utilisant des figures féminines associées à des valeurs comme nouveaux modèles pour un lectorat profane (les catalogues de femmes se différencient en cela des vitae, autre genre biographique édifiant). Mais cette définition générique des catalogues de femmes peut être élargie à un questionnement plus large qui nous semble nécessaire d’interroger dans les limites de sa propre « protodéfinition ». En effet, les catalogues de femmes au Moyen Âge et dans la première Renaissance visent une doxa mais aussi une praxis: quels en sont les objectifs, enjeux et retombées historiques, sociales et littéraires? Comment changent-ils la représentation féminine de la fin au Moyen-Âge et au début de la Renaissance ?