Thèse en cours

Reconsidérer l'acte de prescription. Entre habitudes extractives et durabilité, nouveaux enjeux pour l'architecture.

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Auteur / Autrice : Florence Taché
Direction : Xavier Bonnaud
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences humaines et humanités nouvelles spécialité Architecture, Urbanisme et Environnement
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2024
Etablissement(s) : Paris, CNAM
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Abbé Grégoire
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : GERPHAU - Groupe d'étude et de recherche philosophique architecture urbain

Mots clés

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Résumé

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Les pratiques architecturales, en tant qu'elles sont aussi des pratiques de production d'objets matériels, sont partie prenante de ce rapport particulier que nous entretenons à notre environnement vu comme une réserve de ressources : elles sont extractives. Si l'on se représente désormais assez spontanément les lieux et les itinéraires matériels liés à l'extraction de ce dont nous faisons nos architectures, nous manquons toutefois d'outils pour en saisir les liens avec les gestes qui procèdent à leur conception. A rebours de l'exigence actuelle, politique et environnementale, de faire avec les spécificités d'une situation particulière de projet, l'économie matérielle de la construction dont nous héritons s'est majoritairement structurée autour de la disponibilité permanente de matériaux et produits très adossés à l'industrie, formatés réglementairement ou techniquement, c'est-à-dire rendus «prescriptibles» - car descriptibles, aux propriétés garanties, et disponibles. Ce régime prescriptif de l'architecture [Ghyoot, 2015 ; Lloyd Thomas, 2022] mérite en soi une attention : il n'a pas toujours existé et il engage en cela des modalités particulières de pratique. Point de rencontre entre le projet conçu, sa mise en œuvre, et les milieux dont il dépend, le geste particulier de la prescription est à la fois un symptôme et un moyen de mise en lumière de la multitude d'externalités matérielles entourant l'architecture,et un endroit d'où interroger la pratique depuis ces externalités. Plutôt qu'une durabilité technicisée encouragée par une innovation gourmande en matière, prendre au sérieux les empreintes matérielles engagées par des manières de prescrire plaide pour une réévaluation de la juste mesure et des échelles de temps : en quoi les manières de prescrire peuvent-elles faciliter ou freiner l'intégration du temps long ? Peut-on réengager des manières de penser les notions d'usure, de transformation, de réparation, de remplacement ou de maintenance depuis les prescriptions ? Ces questions ancrées dans le lien entre conception et réalités matérielles s'adressent d'une façon particulière depuis le terrain du second-œuvre et ses ambivalences. Aussi bien dotés d'un potentiel expressif et qualitatif, que soumis à la volatilité des modes et des évolutions techniques et réglementaires, les objets de second-œuvre sont pris entre deux facilités : celle de leur production, par leur proximité avec des chaines de production, et celle de leur remplacement. En cela, ils font partie des éléments architecturaux les plus conditionnés à ce régime prescriptif contemporain. Afin de penser une possible déprise de l'architecture de sa condition extractive, c'est donc bien à une double reconsidération que nous sommes invités: celle des cultures de prescriptions, et à travers elles des implications matérielles de nos pratiques ; et celle des hiérarchies à l'œuvre dans la discipline, particulièrement celles qui entourent le second-œuvre, qui forgent ces cultures.