L'émergence d'un champ d'action publique à l'échelle locale : la mémoire des quartiers populaires en mutation.
| Auteur / Autrice : | Madeleine Paquette |
| Direction : | Anne-Cécile Douillet |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Science politique |
| Date : | Inscription en doctorat le 31/08/2024 |
| Etablissement(s) : | Université de Lille (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'Études et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
De nombreux historiens s'accordent à dire que nous assistons, depuis les années 1970, au développement d'un véritable « engouement mémoriel » (Megill, 1998) se traduisant par la multiplication des initiatives revendiquant de travailler dans ce domaine. Si beaucoup d'acteurs issus de la société civile s'investissent dans les questions mémorielles, comme l'indiquent les travaux en science politique menés sur le sujet, ce sont avant tout les pouvoirs publics qui demeurent les principaux « façonneurs de mémoire » (Gensburger & Lefranc, 2017). Certains auteurs parlent du développement d'un véritable champ d'action publique de la mémoire, particulièrement visible et étudié à l'échelle de l'Etat. D'ailleurs, si les politiques mémorielles ont d'abord été investies par le ministère des armées, puis par celui de la culture, d'autres secteurs de l'action publique s'en emparent désormais, notamment dans le cadre de la lutte contre les discriminations (Chavanon, 2019). Ainsi, depuis le lancement du Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU) et la création de l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), au début des années 2000, la politique de la ville revendique elle-aussi de réaliser un travail de mémoire avec les habitants des quartiers populaires sur lesquels elle entend intervenir. La question mémorielle est convoquée pour pallier les supposés traumatismes induits par des rénovations impliquant souvent des démolitions brutales, mais aussi, plus largement, comme un moyen de développer le « pouvoir d'agir » des résidents et de changer l'image des quartiers, souvent particulièrement stigmatisés. Cette mobilisation de la mémoire dans le cadre de la politique de la ville témoigne d'une extension progressive de l'action publique mémorielle, qui se tourne de plus en plus vers la valorisation de mémoires plus quotidiennes, mais aussi l'histoire des classes populaires et des minorités. Ancrée en science politique et située au croisement d'une sociologie politique de la mémoire, d'une sociologie urbaine et d'une sociologie de l'action publique locale, ce travail de recherche se propose de comprendre « ce qui se joue d'autre que le passé » (Gensburger, 2010) dans les politiques mémorielles qui valorisent l'histoire des quartiers et des classes populaires. Il s'agit autrement dit de comprendre de quoi le développement de ce champ d'action publique mémorielle locale est le nom ou le symptôme. Il s'agit, à travers ce questionnement, de s'interroger de manière plus globale sur la construction contemporaine de politiques publiques à forte dimension symbolique.