Thèse en cours

DÉVELOPPEMENT DE CO-CULTURES BACTÉRIENNES MUTUALISTES POUR L'OPTIMISATION DES BIOPRODUCTIONS

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Auteur / Autrice : Matisse Ferrer
Direction : Volker DÖring
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Biotechnologies
Date : Inscription en doctorat le 15/10/2024
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Structure et Dynamique des Systèmes Vivants
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Génomique métabolique - DRF/JACOB/Génoscope
Equipe de recherche : Laboratoire de Biocatalyse Bioremédiation et métabolisme synthétique
Référent : Université d'Évry Val d'Essonne

Résumé

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Dans leur environnement naturel les microorganismes se développent le plus souvent en consortia et entretiennent des interactions et dépendances multiples et complexes. Ces communautés expriment des capacités métaboliques et des qualités de robustesse et d'adaptation aux fluctuations environnementales que ne possèdent pas les membres isolés. Ces propriétés sont exploitées dans de nombreuses applications industrielles, telles que les transformations alimentaires, le traitement des eaux usées, la bioremédiation de sols pollués, la biodégradation contrôlée de biomasses complexes, etc. En revanche, les approches d'ingénierie métabolique et de biologie de synthèse développées pour des productions biotechnologiques industrielles reposent principalement sur l'utilisation d'organismes uniques en monoculture. Cependant, le coût énergétique de la synthèse des enzymes d'une voie synthétique de bioproduction et l'éventuelle toxicité des intermédiaires de la voie constituent une charge métabolique qui peut se révéler préjudiciable pour la stabilité et le rendement des souches de production. Pour résoudre ces difficultés, des communautés microbiennes synthétiques, mono-espèces ou multi-espèces, sont construites pour répartir la charge métabolique d'une voie de production hétérologue entre les microorganismes associés et ainsi améliorer le rendement de production (Zhou et al., 2015). Des travaux publiés montrent que des souches de bactéries auxotrophes peuvent être associées pour établir des dépendances métaboliques croisées qui garantissent la stabilité des consortiums synthétiques. Pour éviter la compétition pour les ressources carbonées, chaque membre de la co-culture utilise une source de carbone spécifique présente dans le milieu (Zhang et al., 2015). Le projet de doctorat vise à établir des communautés de souches d'Escherichia coli interdépendantes par l'échange réciproque de facteurs de croissance essentiels, acides aminés ou intermédiaires du métabolisme central du carbone et se propageant en co-culture de façon stable et équilibrée. Ces systèmes seront guidés par les résultats de nos études sur les bifurcations cataboliques conditionnelles dans cet organisme (Iacometti et al., 2022). Les propriétés de croissance des consortiums établis seront optimisées par évolution dirigée en culture continue. L'identification des mutations adaptatives permettront de détecter les goulots d'étranglement génétiques et de poser les bases de la construction de châssis génériques adaptés à la bioproduction. Une voie biosynthétique hétérologue sera exprimée dans les cellules, soit complète en monoculture soit partagée entre les partenaires de co-culture et les rendements de production seront comparés. Le doctorant bénéficiera des multiples expertises et équipements de l'UMR Génomique Métabolique, couvrant la génétique moléculaire, la biologie synthétique, l'évolution dirigée, la chimie analytique et l'enzymologie.