Thèse en cours

Des dynamiques de paix comme espaces de (re)formulation des ordres socio-politiques en Afrique : ce que nous apprend le cas casamançais (Sénégal).

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Tobie Goasampis
Direction : Dejan Dimitrijevic
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sociologie anthropologie
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2023
Etablissement(s) : Lyon 2
Ecole(s) doctorale(s) : ScSo - Sciences Sociales
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : LADEC - Laboratoire d'anthropologie des enjeux contemporains

Mots clés

FR  |  
EN

Résumé

FR

« L'échec des entreprises unitaires » en Afrique, observait George Balandier, « n'a pas favorisé la fusion des peuples ». Au contraire, il aurait maintenu entre ces derniers un « écart contraire à la construction d'une nation moderne » [1957]. Pourtant aux indépendances, rien n'empêcha la naissance d'Etats-Nations inspirés de l'Europe occidentale. Aujourd'hui, autant la fragilité des institutions que les tentatives de formulation d'unité nationale sont en cause dans les conflits d'Afrique. Des fondamentalismes religieux à la militarisation des Etats, les formulations d'ordres socio-politiques en Afrique sont le reflet de la multiplication des modèles de gouvernance politique dans les mondes contemporains. En Afrique, les Etats-nations se situent en tant que modèle politique dans une arène où le ''vainqueur'' est celui qui est en capacité de fonder le ''vivre-ensemble'' (y compris dans la violence). C'est à ces réflexions sur les enjeux contemporains de formulation du politique, et par l'observation anthropologique de situations violentes et de leur pacification que je souhaite contribuer à partir de ma thèse sur les dynamiques de paix en Casamance. La Casamance, région au sud du Sénégal séparée du nord par la Gambie, connaît un conflit indépendantiste depuis 1982. Ce dernier oppose le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) à l'Etat du Sénégal. Depuis son éclatement, le conflit a connu et connaît encore de nombreuses tentatives d'accès à la paix. Ces tentatives sont hétérogènes, allant de l'affrontement armé aux négociations, en passant par des programmes de développement. Nous appelons dynamiques de paix ces démarches qui, dans les discours et pratiques de ceux qui les mènent, sont vouées à faire advenir la paix, la maintenir, ou maintenir la cohérence d'un compromis et/ou d'un ordre social émanant de sa recherche. Inséré dans une anthropologie de la paix, l'objectif n'est pas de fixer la paix et sa recherche dans son opposition avec la violence, mais plutôt d'élargir les compréhensions de ces notions en appréciant les évocations d'un besoin de paix non-seulement comme dynamiques transitoires, mais aussi comme pratiques, discours et démarches structurants et structurés par le social. Comment le conflit, ses dynamiques de paix et ses discours sur la violence nous permettent de mettre en lumière les enjeux contemporains de (re)formulation des ordres moraux, sociaux et politiques de la société sénégalo-casamançaise ?