Cartographie de l'écologie politique et des conflits socio-environnementaux en Colombie : récits de territoires extractifs, acteurs et pratiques
| Auteur / Autrice : | Juan-Jacobo Centanaro barrera |
| Direction : | Emmanuel Vincenot, Carlos Tous gonzalez |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Langues et littératures étrangères |
| Date : | Inscription en doctorat le 16/09/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Gustave Eiffel |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Ecole doctorale Cultures et Sociétés |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : LISAA - Littératures Savoirs et Arts |
Mots clés
Résumé
Cette thèse vise à étudier la configuration politique actuelle de certains territoires extractifs colombiens dans les domaines imbriqués de la mobilisation environnementale et de la production de discours politiques et culturels. Les territoires extractifs sélectionnés sont liés à la monoculture de canne à sucre et de palmier à huile, des monocultures ayant une connotation historique et géopolitique spéciale en Amérique latine. Aujourd'hui en Colombie, ces territoires sont des zones décisives où se mettent en place des rapports de force entre groupes sociaux concernant la manière de valoriser et de gérer les milieux naturels. Ils sont, par conséquent, des espaces conflictuels d'où émanent des discours et des récits fort divergents. Ainsi, la problématique de recherche qui oriente ce travail est la suivante : comment les différents récits de ces territoires extractifs s'articulent-ils en fonction d'un ensemble de facteurs hétérogènes et comment traversent-ils et organisent-ils les territoires ? Quels sont leurs régimes respectifs de valorisation de la « nature », leurs frontières et leurs points de contact ? sans oublier bien sûr que ces récits sont le champ de bataille de politiques identitaires et de disputes épistémiques qui s'inscrivent dans des relations de pouvoir et de domination. Cette thèse s'articule autour de deux grands axes de recherche : d'un côté, la science politique, et plus particulièrement, la sous-discipline de l'écologie politique ; d'un autre côté, les études culturelles. Force est de constater que, en tant qu'objet politique et champ de recherche, l'écologie politique est fortement hétérogène et ambivalente, ce qui pose d'emblée un bon nombre de problèmes. Par conséquent, la thèse se consacre, dans un premier temps, à réfléchir sur la portée de cette étiquette, sur ses différents versants et sur la manière dont elle se manifeste dans le contexte colombien. Elle analyse ensuite le champ des mobilisations environnementales autour des territoires extractifs concernés afin de rendre compte de leurs développements récents. Une attention particulière est accordée à l'identification d'acteurs et pratiques, à l'évolution de causes défendues et des répertoires d'action, ainsi qu'à la diversité de stratégies discursives et narratives qu'ils emploient pour construire leurs récits. L'intention de ce travail est d'analyser cette configuration politique à partir d'une gamme large de formats et de langages. Outre les discours politiques « traditionnels », la thèse s'intéresse aux productions culturelles filmiques et littéraires, ce qui élargi l'ampleur de l'étude. Les relations entre politique, écologie et productions culturelles que cette thèse cherche à explorer apparaissent nettement comme un champ de recherche à développer en Amérique latine, et d'autant plus en Colombie. Envisager l'étude de l'écologie politique en ce pays depuis la question des territoires extractifs et des discours variés qu'ils suscitent relève d'une approche novatrice dans ce champ de recherche qui permet de déboucher sur une compréhension plus nuancée des enjeux écologiques présents dans le paysage politique colombien d'aujourd'hui.