Les systèmes de notations sur les plateformes numériques de mises en contact. Enjeux de pouvoir et nouvelles formes de présentation de soi.
| Auteur / Autrice : | François-Joseph Billaud |
| Direction : | Marie Despres-lonnet |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de l'information et de la communication |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 25/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Lyon 2 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | EPIC - Education, Psychologie, Information et Communication |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : ELICO - Equipe de recherche de Lyon en sciences de l'Information et de la Communication |
| Jury : | Président / Présidente : Jean-Claude Domenget |
| Examinateurs / Examinatrices : Marie Despres-lonnet, Gustavo Gomes-mejia, Adrian Staii, Fanny Georges, Nelly Quemener | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Fanny Georges, Nelly Quemener |
Mots clés
Résumé
Au cours de la dernière décennie, les incitations à lévaluation et à la notation se sont étendues à une multitude doffres et despaces numériques. Alors quelles étaient initialement sollicitées pour évaluer un bien ou un service, elles ont progressivement été proposées dans des secteurs qui nétaient jusquici pas perçus comme évaluables par les bénéficiaires comme le domaine de la médecine. En parallèle à cette généralisation du principe de notation, nous assistons à un glissement des logiques dévaluation, qui quittent le domaine de lappréciation dun bien ou dun service pour investir un champ beaucoup plus personnel : la qualification des caractéristiques intrinsèques des personnes, au-delà des compétences quelles pourraient mobiliser pour offrir le bien ou le service attendu. Enfin, la multiplication des sollicitations à évaluer (du pouce levé à lattribution détoiles ou de notes), en banalise lusage et nous amène à nous percevoir comme potentiellement évaluables, ce qui nest pas sans conséquence sur notre appréhension des interactions en ligne. Ainsi, la construction dun soi numérique (Gomez-Meija) et la gestion de son identité et de son image (Goffman) deviennent des éléments qui non seulement visent à matérialiser notre présence en ligne mais également à favoriser une évaluation positive. Ce travail propose de questionner les mutations socio-interactionnelles quengendrent ces nouveaux dispositifs info-communicationnels digitaux en prenant en compte leur complexité à travers létude de multiples dimensions qui les composent, telles que : - Lenvironnement et les modèles économiques dans lesquels elles sinscrivent par lanalyse des logiques singulières qui régissent les modèles marchands dans lesquels prend place la notation sociale. - Les dimensions politiques et normatives, en analysant comment ces dispositifs de notation participent à la redistribution du pouvoir et des rôles dans des contextes situés (Foucault). - Les enjeux symboliques et identitaires qui en découlent. En effet, ces dispositifs influencent la gestion de soi, la mise en scène de lidentité numérique mais également les rapports interpersonnels. En croisant diverses approches méthodologiques qualitatives telles que des enquêtes de terrain, des analyses sémio-discursives, des entretiens exploratoires ou encore des études expérimentales, cette recherche ambitionne de mieux comprendre les transformations contemporaines de la reconnaissance sociale et de mise en gestion des identités numériques au sein des espaces de mise en relation digitales. Lanalyse du rôle que joue la notation dans les modèles économiques des plateformes permettra par ailleurs de révéler les enjeux de pouvoir et de surveillance sociale qui sous-tendent ces nouvelles pratiques.