Les sentinelles de la nature : Traversée ethnoécologique dans un contexte de changement climatique au Kiribati (Pacifique Sud)
| Auteur / Autrice : | Christine Ambard |
| Direction : | Michèle Cros |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie anthropologie |
| Date : | Soutenance le 20/06/2025 |
| Etablissement(s) : | Lyon 2 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | ScSo - Sciences Sociales |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : LADEC - Laboratoire d'anthropologie des enjeux contemporains |
| Jury : | Président / Présidente : Sophie-Hélène Trigeaud |
| Examinateurs / Examinatrices : Michèle Cros, Frédéric Laugrand, Geremia Cometti, Martin Soares, Anne Di piazza | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Frédéric Laugrand, Geremia Cometti |
Mots clés
Résumé
Cette thèse analyse les représentations des I-Kiribati sur leur espace de vie à travers la notion de « sentinelle de la nature », qui se décline en deux grandes catégories analytiques : « les îles sentinelles » et « les sentinelles du Kiribati ». La première met en évidence la manière dont les savoirs écologiques des insulaires se sont construits et le rôle qu’ils jouent dans le maintien de la sécurité du groupe. En effet, pour eux, l’environnement se compose de divers éléments (animaux, végétaux, phénomènes atmosphériques et marins) émanant des signes et servant de « sentinelles ». Ces derniers, rythment la vie sociale, guident les actions, minimisent les risques et assurent l’harmonie avec les collectifs invisibles. La seconde notion interroge le statut du Kiribati en tant qu’ensemble d’« îles sentinelles » et les représentations que ce statut suscite. En effet, depuis plusieurs décennies, ce territoire est qualifié ainsi par les acteurs internationaux en raison de sa vulnérabilité face au changement climatique et de la menace de disparition qui pèse sur lui d’ici la fin du siècle. Si ces discours médiatisés semblent unanimes, ils ne reflètent pas toujours la perception des habitants. L’ethnographie montre en effet que leur compréhension des transformations environnementales ne se réduit pas à l’urgence climatique, mais s’ancre dans des dynamiques plus profondes, liées à leurs relations aux non-humains, à leur espace de vie et à leur organisation sociale.