Rhétorique des discours insérés dans les romans français de la Renaissance (1525-1585)
| Auteur / Autrice : | Élie Génin |
| Direction : | Pascale Mounier |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Lettres et arts spécialité langue française |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale langues, littératures et sciences humaines |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : UMR 5316 Litt&Arts (Arts & Pratiques du Texte, de l'Image, de l'Ecran & de la Scène) |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
À l'exception de l'uvre de Rabelais, les romans français de la Renaissance ont longtemps été victimes des préjugés de l'histoire littéraire affirmant la supériorité des romans modernes sur ceux d'Ancien Régime, et des romans des siècles classiques sur ceux de la Renaissance. D'aucuns leur ont notamment reproché leur excès de rhétorique, au détriment de la narration. Cette thèse cherche à apprécier la façon dont l'art oratoire influait sur l'écriture et sur la lecture de romans à la Renaissance, au sein d'une société fortement marquée par la redécouverte de la rhétorique antique. Et si le propre du roman moderne, tel qu'il s'est développé en France au XVIe siècle, ce n'était pas le récit, mais le discours ? Cette thèse se fonde principalement sur l'approche rhétorique développée par l'équipe RARERhétorique de l'Antiquité à la Révolution (lecture des discours et de leur portée pragmatique à la lumière de la théorie des manuels d'époque). Le premier enjeu de cette étude est de mesurer le rôle que les discours insérés ont joué dans la reconnaissance et l'évolution du genre romanesque et de ses sous-genres à la Renaissance, et dans la manière que l'on pouvait avoir de lire ces romans (lecture linéaire continue, ou lecture décousue considérant les romans comme des anthologies de beaux discours ou de modèles éthiques). Le deuxième enjeu relève de l'histoire de la langue : l'analyse stylistique diachronique des discours insérés apportera matière à l'étude des évolutions du français au cours du XVIe siècle, entre influence des proses romanesques italiennes, espagnoles et latines et naissance d'un nouvel art de la conversation dont les romans ont pu constituer des modèles. Le troisième enjeu touche aux rapports entre études littéraires et sciences humaines, en particulier la sociologie (les discours insérés portent la trace de pratiques sociales du temps, en même temps qu'ils ont pu avoir un impact sur ces pratiques, certains romans ayant été lus comme des manuels de savoir-vivre), l'anthropologie morale (les personnages de romans prennent position, dans leurs discours, sur les débats éthiques du temps) et l'ethnographie de la communication (les discours insérés constituent un excellent « terrain » d'étude des comportements communicatifs de la société d'Ancien Régime). Cette thèse entend ainsi contribuer à la redécouverte de l'extraordinaire richesse des uvres d'auteurs et d'autrices qui méritent, à l'instar de Rabelais et d'Hélisenne de Crenne (publiée en poche en 2005 et mise au programme des Agrégations de Lettres en 2025), de retrouver une place dans le champ littéraire contemporain.