Thèse en cours

Étude d'un groupe de transformations birationnelles de l'espace projectif

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Auteur / Autrice : Jean-Baptiste Stiegler
Direction : Thomas GauthierRamanujan Santharoubane
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Mathématiques fondamentales
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2024
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de mathématiques Hadamard
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de Mathématiques d'Orsay
Equipe de recherche : Topologie et dynamique
Référent : Faculté des sciences d'Orsay

Résumé

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L'étude des propriétés de fonctions holomorphes discrètes, et plus particulièrement de l'existence de courbes discrètes périodiques 1 a attiré une attention croissante ces dernières années. Un tel problème se traduit donc en termes de l'étude dynamique d'une transformation birationnelle F : P^N ---> P^N. Plus précisément, il se ramène à la question de l'existence d'attracteurs topologiques pour F. Les premiers invariants à calculer pour étudier la dynamique de telles transformations sont ses degrés dynamiques λ_1, . . . , λ_N ≥ 1. Dans le cas qui nous intéresse, ceux-ci sont tous égaux à 1. En particulier, l'entropie topologique de F est nécessairement nulle, puisque h_top(F) ≤ log max_i λ_i = 0, d'après Dinh et Sibony. On s'attend donc à ce que cette application possède certaines formes de rigidités dynamiques, comme l'existence d'une fibration invariante en dimension 2. Cette transformation possède par ailleurs de mauvaises propriétés spectrales : son action par tiré en arrière sur la cohomologie n'est pas stabilisable au sens où il n'existe pas de modification X → PN telle que (F^n)∗ : H∗(X) → H∗(X) coïncide avec (F∗)^n pour tout n ≥ 1. Les techniques classiques que nous possédons sont donc inutiles pour l'étude de cette application particulière. Il se trouve que la transformation F : P^N ---> P^N introduite précédemment peut se décrire une composition φ_{i_1} ◦ · · · ◦ φ_{i_l} de tranformations birationnelles ne faisant intervenir que 3 coordonnées successives dans un système de coordonnées homogènes. Le travail proposé dans ce sujet de thèse consiste à étudier plus largement ce type de transformations. Le groupe Γ := ⟨φ1,...,φN⟩ est donc l'objet d'étude proposé. Il s'agit d'un sous-groupe de groupe de Cremona Bir(P^N). Le sujet proposé s'articule autour de plusieurs aspects de l'étude du groupe Γ. 1) Structure du groupe Γ. On s'attend à ce que Γ soit un quotient d'un produit libre Z/2Z ⋆ · · · ⋆ Z/2Z, où les relations intervenant sont des relations de type tresse. En particulier, si N > 1, on s'attend à ce que Γ contienne un groupe libre à deux générateurs. 2) Dynamique du groupe Γ. Une fois l'étude de la structure du groupe complète, on peut également mettre à profit cette étude dans la compréhension de sa dynamique. En effet, on peut se donner une marche aléatoire sur Γ, les travaux de Furstenberg sous-tendent alors l'existence d'une mesure stationnaire pour l'action de Γ sur un ouvert de Zariski de P^N invariant par Γ. Dans une série de travaux importants, Cantat et Dujardin ont classifié les mesure stationnaires - et les mesures invariantes - pour des groupes d'automorphismes de surfaces K3 de présentation finie qui contiennent un groupe libre d'indice fini. On pourra également explorer cette direction. 3) Arithmétique et rigidité pour la dynamique du groupe Γ. Même si cela n'apparaît pas clairement dans la définition rapide du groupe Γ proposée ici, les générateurs φi sont des transformations définies sur Q, i.e. leurs coefficients sont des nombres rationnels. On dispose donc de toute la palette des outils de la théorie algébrique des nombres et de la géométrie d'Arakelov pour aborder l'étude dynamique du groupe Γ. On dispose en particulier de la notion de fonction hauteur de Weil h : X(Q^alg) → R sur une variété projective X définie sur un corps de nombre, qui permet de mesure la “complexité arithmétique” d'un point x ∈ X(Q^alg). Par une construction remontant à Tate, lorsqu'on dispose d'un morphisme f : X → X qui satisfait une certaine condition de polarisation, on peut construire une hauteur canonique h_f = lim λ^{−n} h◦f^n qui mesure la proximité arithmétique d'un point à être (pré)périodique. On pourra alors tenter de construire une telle fonction hauteur pour les éléments de notre groupe, ainsi qu'une 'hauteur stationnaire' pour le groupe tout entier.