Thèse en cours

Analyse de la dynamique du jet de rive : approches expérimentale et numérique

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Auteur / Autrice : Maxime Kaczmarek
Direction : Julien Chauchat
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences de la Terre et de l'Environnement
Date : Inscription en doctorat le 01/09/2024
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la Terre de l'Environnement et des Planètes
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire des Ecoulements Géophysiques et Industriels

Résumé

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Le transport sédimentaire est le principal moteur de l'évolution morphologique des côtes. Si l'on considère d'un côté les importantes modifications que connaissent les littoraux dues au changement climatique, et de l'autre l'intérêt certains que représentent ces zones pour nombre d'activités humaines, il apparaît que la prédiction de l'évolution morphologique des côtes (à différentes échelles de temps) est un enjeu majeur. Pour répondre à cet enjeu, plusieurs modèles morphodynamiques de grande échelle (comme XBeach) ont été développés. Ces derniers se basent sur une version 2D des équations hydrodynamiques intégrées sur la profondeur (modèle shallow water), ce qui leur permet de simuler l'évolution de côtes sur de longues périodes (jusqu'à plusieurs mois). Dans la dérivation de ces modèles, les processus de fines échelles tels que ceux se produisant très proche de la plage dans la zone de jet de rive (swash zone) sont encore mal modélisés aujourd'hui (la zone de jet de rive étant définie comme la partie de la plage située entre la position maximum de la montée des vagues et la position minimum de leur retrait). Elle est le théâtre d'interactions complexes entre les vagues incidentes, les sédiments, les eaux souterraines et le jet de rive proprement dit. Parmi les nombreux verrous scientifiques qui restent à lever, la modélisation du transport de sédiments dans cette zone à différentes échelles de temps et d'espace, est un enjeu majeur. Répondre à cette problématique passe par l'élaboration de nouveaux modèles multiphasiques qui prennent en compte les différents processus sédimentaires à petites échelles tels que les interactions entre les particules et les macrostructures turbulentes, les interactions entre les particules et les surfaces libres et les interactions entre les particules elle-mêmes. Ces nouveaux modèles doivent en particulier permettre de mieux comprendre et modéliser les processus physiques à l'œuvre et ainsi améliorer les formules de transport de sédiments qui constituent aujourd'hui encore le maillon faible des modèles morphodynamiques grande échelle. L'étude des mécanismes physiques prenant place à l'intérieur de la zone de jet de rive, et pilotant l'évolution morphologique des côtes, est un champ de recherche expérimental actif. Cependant, la difficulté de réaliser des mesures dans les écoulements multiphasiques, peu profonds, intermittents, turbulents, et variant rapidement que sont les jets de rive en font une zone encore mal comprise, la quantité de données expérimentales disponibles pour confronter les modèles théoriques et numériques étant ainsi limitée. Dans ce contexte, il devient pertinent de mener une étude conjointe, entre expériences de laboratoire bien contrôlées et développement de modèles numériques multiphasique 3D validés expérimentalement, pour essayer de mieux comprendre les processus physiques responsables de la dynamique et du transport sédimentaire dans la zone de jet de rive (ceux-ci donnant accès à des quantités difficilement mesurables expérimentalement). Les récentes avancées de l'équipe d'accueil en la matière laissent penser que les modèles 3D bi-fluides (considérant les sédiments comme un milieu continu à la rhéologie complexe) atteignent aujourd'hui une maturité suffisante pour être ainsi utilisés. Cette thèse se propose donc de poursuivre les travaux dans cette voie, en produisant un ensemble de données expérimentales qui serviront à valider le solveur open-source sedInterFoam (développé en partie par l'équipe d'accueil). Ce solveur sera ensuite utilisé pour étudier les mécanismes physiques à l'œuvre dans la zone de jet de rive. Une démarche de remontée d'échelle sera ensuite mise en œuvre pour améliorer les modèles grande échelle.