Freins et leviers des Stratégies de Ρrοtectiοn Cοmpοrtementales en pοpulatiοn étudiante :des stratégies d’autοcοntrôle à mοbiliser sans mοdératiοn pοur prévenir les cοnsοmmatiοns d’alcοοl à risque
| Auteur / Autrice : | Maelle Fleury |
| Direction : | Jessica Mange |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Psychologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 13/10/2022 |
| Etablissement(s) : | Normandie |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École Doctorale Homme, Sociétés, Risques, Territoire |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire de Psychologie de Caen Normandie |
| Établissement co-accrédité : Université de Caen Normandie | |
| Jury : | Examinateurs / Examinatrices : Jessica Mange, Julie Arsandaux, Karine Gallopel-morvan, Pierre Maurage, Oulmann Zerhouni, Florence Cousson-gelie |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Oulmann Zerhouni, Florence Cousson-gelie |
Résumé
Les Stratégies de Protection Comportementales (PBS) sont des comportements d’auto-contrôle visant à réduire la consommation d’alcool et ses conséquences. Si leur avantage est d’être issues des comportements intuitivement mis en œuvre par les étudiant·es, le construit manque de contexte théorique qui permettrait d’expliquer davantage leur efficacité et les mécanismes de leur mise en œuvre, afin d’en maximiser la portée prometteuse en prévention. L’objectif de ce travail est donc de proposer une compréhension progressive des PBS, en examinant successivement leur structuration, leur efficacité et leurs mécanismes d’implémentation, dans une démarche théorique complémentaire des approches empiriques existantes. Pour cela, un programme de recherche en trois volets a été conçu. Le premier volet, constitué de deux études, a permis d’examiner la structuration des PBS en proposant une typologie des stratégies et des profils d’usage dans le contexte étudiant. Les résultats suggèrent qu’une structure en quatre stratégies semble particulièrement pertinente dans le contexte étudiant français. Les profils montrant le moins de consommations à risque sont ceux expérimentaux peu les déterminants psychosociaux de la consommation, et utilisant conjointement ces quatre PBS. Le deuxième volet a évalué longitudinalement, à travers deux études, l’efficacité des différentes stratégies. Il a également investigué les déterminants psychosociaux susceptibles d’en freiner l’utilisation. Les résultats suggèrent que les stratégies visant à modifier la consommation (i.e. à inhiber les consommations à risques) sont les plus efficaces pour réduire la quantité d’alcool consommée, et que ces stratégies sont principalement freinées par les motivations sociales à consommer. Enfin, le troisième volet, au travers de quatre études et une étude intégrative, a analysé les mécanismes d’implémentation des PBS à la lumière des théories de l’auto-contrôle. Ces études ont permis de mettre en évidence le rôle de la valeur subjective dans la sélection PBS, les stratégies les plus valorisées (mais pas les plus protectrices) étant les plus utilisées. Pris dans leur ensemble, ces résultats suggèrent que les PBS sont des comportements très hétérogènes, en termes de définition comme d’efficacité, et dont la mise en œuvre dépend d’un arbitrage situé et du contexte de consommation. À l’issue de ce travail, trois aspects importants émergent : (1) la valeur attribuée aux stratégies doit faire l’objet de travaux supplémentaires afin de pouvoir implémenter de manière efficace les PBS en prévention, (2) les interventions doivent cibler non seulement les comportements de réduction des risques, mais également les déterminants individuels, sociaux et environnementaux de la consommation, et (3) l’évaluation et la promotion des PBS nécessitent le développement de méthodologies capables de saisir les processus décisionnels en situation, et en cohérence avec le contexte culturel.