Thèse en cours

Suivre le sens du vent. Une enquête sur la prolifération des moratoires éoliens en Europe de l'Ouest (France,Allemagne,Royaume uni)

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 29/05/2026. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Bastien Fond
Direction : Frederick Lemarchand, Reiner Keller
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sociologie, demographie
Date : Inscription en doctorat le 17/12/2021
Soutenance le 29/05/2026
Etablissement(s) : Normandie
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Homme, sociétés, risques, territoire (Rouen)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'étude et de recherche sur les risques et les vulnérabilités (Caen ; 2004-....)
Établissement co-accrédité : Université de Caen Normandie (1971-....)
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Magali Dreyfus, Frederick Lemarchand, Maya Jegen, Charlotte Halpern, Reiner Keller, Francis Chateauraynaud
Rapporteurs / Rapporteuses : Maya Jegen, Francis Chateauraynaud

Résumé

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Comment se fait-il que l’énergie éolienne soit toujours aussi contestée, alors qu’elle bénéficie de longue date du soutien politique de l’Union européenne et du soutien académique du GIEC ? Dans un contexte de crise environnementale, la persistance d’une opposition à cette technologie approuvée scientifiquement et promue par les pouvoirs publics peut sembler paradoxale. Et pourtant, les éoliennes continuent de faire l’objet de conflits insolubles. En dépit des nombreuses études scientifiques qui documentent les critères d’acceptation de ces infrastructures, les médias ne cessent de rapporter des cas de projets qui suscitent l’inacceptation des populations riveraines. Alors que les conditions à remplir pour faire aboutir un projet éolien sont en apparence connues d’avance, les tensions politiques se sont même accentuées au point qu’émergent désormais des moratoires contre cette forme d’énergie, c’est-à-dire des mesures de suspension de son déploiement. Dès lors, cette thèse ne porte pas tant sur l’opposition ordinaire, connue de longue date, que sur la résistance institutionnelle au déploiement de l’éolien. Plus précisément, elle se saisit de la problématique suivante : comment la mise en œuvre d’une réflexion sur l’acceptabilité des infrastructures éoliennes a-t-elle pu se solder par une inacceptabilité telle que des pays comme la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni se voient aujourd’hui confrontés à des formes de blocage de l’expansion éolienne ? Pour y répondre, le propos s’articule autour de trois volets analytiques, dédiés respectivement à la construction scientifique, la construction médiatique et la construction politique des conflits sous-jacents aux moratoires contre l’énergie éolienne terrestre. Dans la première partie, il s’agit de mobiliser la sociologie des sciences pour effectuer une analyse systématique de la centaine d’études de cas consacrées à l’éolien terrestre depuis le début de son déploiement dans nos trois pays. Sur la base de cette production scientifique, la thèse s’emploie à montrer comment les études d’acceptabilité ont conduit au développement d’une approche qui contourne les problèmes d’aménagement davantage qu’elle n’est en mesure de les surmonter. Puis la deuxième partie s’inscrit dans les sciences sociales computationnelles en procédant à l’analyse quali-quantitative d’un corpus de plusieurs milliers d’articles de presse sur la couverture médiatique des débats sur les moratoires éoliens dans chaque pays. Au fil de l’exploration de cette production journalistique, il apparaît clairement que le refus de l’éolien répond moins à des critères précis d’inacceptation des infrastructures qu’à une volonté de reprendre en main la planification territoriale. De manière complémentaire, la troisième partie convoque alors la sociologie de l’action publique pour étudier différents cas de moratoires mis en œuvre puis levés quelques années plus tard : le moratoire national de l’Angleterre (2015-2024), le moratoire régional du Brandebourg (2019-2022) et le moratoire local de Montluçon (2021-2022). A l’appui d’entretiens semi-directifs et de séquences d’observation participante, cette comparaison multiscalaire permet de caractériser plus finement la nature des conflits, et de mettre en lumière qu’une décentralisation de la production énergétique n’est guère possible sans décentralisation du pouvoir décisionnel. Ce faisant, la thèse démontre que les verrous actuels de la transition énergétique résultent d’un mode de gouvernance qui place la définition du caractère acceptable des infrastructures du côté des personnes qui les conçoivent plutôt que du côté des personnes qui les reçoivent.