Transfert sémantique cross-langue pour les langues et domaines à faibles ressources
| Auteur / Autrice : | Olena Yurchenko |
| Direction : | Natalia Grabar |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences du langage : linguistique et phonétique générales |
| Date : | Inscription en doctorat le 06/11/2023 |
| Etablissement(s) : | Université de Lille (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de l'homme et de la société |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Savoirs, Textes, langages |
Résumé
Cette thèse s'inscrit dans le domaine du traitement automatique du langage naturel (TALN) et porte sur l'étude des mécanismes de représentation et de transfert du sens entre des unités linguistiques de longueurs différentes, telles que les phrases et les textes. L'objectif principal est de développer un modèle de transfert sémantique capable de préserver l'information sémantique dans des contextes à ressources limitées, afin de faciliter la communication multilingue, l'intégration professionnelle et l'apprentissage des langues. La recherche repose sur l'hypothèse que le transfert du sens d'une phrase vers un texte s'effectue principalement par le déploiement des champs lexico-sémantiques des concepts et par leurs variations contextuelles. Nous supposons également que le sens peut être représenté sous forme vectorielle à différents niveaux linguistiques, du sème au texte, et que ces représentations permettent de comparer des unités linguistiques de tailles différentes. Les principales questions scientifiques concernent l'identification des unités linguistiques pertinentes pour l'analyse sémantique, la mesure de la similarité entre contextes de longueurs différentes, le choix des métriques sémantiques appropriées et l'extraction de représentations neuronales du sens à partir des grands modèles de langage. Une attention particulière est accordée au rôle des niveaux lexical, syntaxique, pragmatique et discursif dans le transfert interlinguistique du sens. L'étude s'appuie sur le corpus EFCAMDAT, composé de productions écrites d'apprenants d'anglais langue étrangère réparties selon les niveaux du CECR (A1C2). Après filtrage, nettoyage et lemmatisation, le corpus analysé comprend 1 169 298 textes. Les méthodes employées combinent l'analyse thématique (BERTopic, KeyBERT), les mesures de diversité lexicale (MTLD), la similarité de Jaccard, le clustering fondé sur all-MiniLM-L6-v2 et HDBSCAN, ainsi que la classification par DistilBERT. Les représentations vectorielles extraites du token [CLS] sont utilisées pour modéliser le contenu sémantique global des textes. Les résultats montrent que la composition lexicale des réponses dépend davantage de la formulation des consignes que du niveau de compétence linguistique. Le clustering produit un taux de bruit inférieur à celui de l'analyse thématique et fournit une meilleure structuration des réponses. Parmi les méthodes évaluées, la classification obtient les meilleures performances grâce à l'apprentissage préalable sur les données du corpus. L'analyse des représentations vectorielles confirme que les embeddings contextuels issus des modèles de type BERT constituent une représentation pertinente du sens et permettent d'identifier les variations sémantiques entre les textes. Ces travaux démontrent les limites des approches fondées uniquement sur le lexique et soulignent l'intérêt des représentations contextuelles pour l'étude du transfert sémantique. Les recherches futures porteront sur l'analyse des cas présentant des divergences sémantiques importantes et sur l'amélioration des métriques de proximité sémantique applicables aux grands modèles de langage.