À l’école des écrivains. Enquête sur les masters de création littéraire français
| Auteur / Autrice : | Célia Fernandez |
| Direction : | Gilles Bonnet, Anthony Glinoer |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Lettres mention Langue et littérature françaises |
| Date : | Inscription en doctorat le 22/01/2024 |
| Etablissement(s) : | Lyon 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon ; 2007-....) |
Mots clés
Résumé
Longtemps objet de méfiance, l’enseignement de l’écriture créative connaît aujourd’hui un succès croissant, notamment symbolisé par l’ouverture, depuis 2012, de masters de création littéraire dans dix universités françaises. L’objectif de cette thèse est de mesurer les conséquences de l’apparition de ces formations, en prenant acte de la double rupture qu’elles induisent : d’une part avec la tradition des études littéraires françaises, centrée sur une approche avant tout herméneutique des textes, et d’autre part avec une conception vocationnelle de l’activité auctoriale, peu compatible avec la perspective d’un enseignement de la création littéraire en contexte universitaire. En retraçant l’histoire de ces cursus, ce travail vise à mieux saisir la diversité de ces formations ainsi que les modèles d’enseignement dont elles héritent. Par le recours à la méthode ethnographique, il s'agit en outre d'apporter des éléments de réponse (moins prescriptifs que descriptifs) à la question fréquemment posée : « peut-on enseigner la création littéraire ? », et à son corollaire qui tend aujourd’hui à la supplanter : « comment ? ». L’observation des pratiques pédagogiques mises en œuvre dans cinq de ces formations permet par ailleurs d’évaluer de quelle manière l’enseignement de la création littéraire renouvelle le contenu et les méthodes des études littéraires, en particulier dans le domaine de la lecture. En ce que ces masters déplacent l’université de la sphère de la réception à celle de la production de la littérature, la thèse entreprend aussi de questionner les bouleversements institutionnels entraînés par l’apparition de ces formations. S’il est parfois avancé que celles-ci participent de la professionnalisation croissante de l’activité auctoriale, l’étude du devenir des étudiants et des sociabilités littéraires qui s’y développent permet de mieux appréhender la portée réelle de ces masters sur l’institution littéraire. Par l’analyse génétique de plusieurs manuscrits écrits dans le cadre de ces formations, il s’agit enfin d’examiner comment se négocie le travail du texte, entre expression d’une voix singulière et mise à l’épreuve de l’écriture dans un cadre institutionnel lui-même en tension.