Thèse en cours

Etude du phénomène de surnumérisation au travail

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Auteur / Autrice : Séverine Halopeau
Direction : Cédric Gossart, Isabelle Vandangeon-derumez
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences de gestion
Date : Inscription en doctorat le 11/03/2024
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Droit, économie, management (Sceaux, Hauts-de-Seine, France ; 2020-2026)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : LITEM - Laboratoire en Innovation, Technologies, Economie et Management
Référent : Université d'Évry-Val-d'Essonne (1991-....)

Résumé

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Smartphone, PC, e-mail, WhatsApp, Teams, logiciels métiers, fichiers partagés, Chat GPT… La liste des outils numériques qui pullulent dans notre quotidien est longue. Cette expansion numérique est une caractéristique de que nous nommons le phénomène de sur-numérisation. La sur-numérisation est un phénomène d'expansion et d'accélération du numérique. Elle se caractérise par trois effets : -         Un effet millefeuille (Kalika et al., 2007), c'est-à-dire une constante augmentation des outils numériques venant se superposer sans se substituer les uns aux autres. -         Un effet omniprésence de la technologie (Safar, 2019), augmentant des possibilités d'accès incitant à l'usage et imposant des relations au numérique au quotidien. -         Un effet usage, correspondant à l'accélération (Rosa, 2013) d'usages numériques et de leurs effets associés transformant les structures sociales comme les individualités. Cette recherche propose d'étudier la sur-numérisation dans sa globalité au sein d'un même contexte organisationnel : la Ville, Métropole et CCAS de Rennes. Cette recherche collaborative (Bednarz, N. et al., 2015 ; Greenwood et Levin, 2007) avec la collectivité rennaise propose deux angles d'analyse du phénomène de sur-numérisation au travail que nous présentons en reliance (Morin, 2005). La première étude traite des formes et des effets de la sur-numérisation dans les situations de travail des agents de la collectivité. Nous mobilisons des théories de l'adaptation, mixant les modèles du Technostress et du Coping Model of User Adaptation [CMUA]. Cette première étude met en évidence 10 dimensions de la sur-numérisation. Nous montrons la nature ambivalente de la sur-numérisation. Nous identifions trois expériences numériques négatives (le surchargé, l'impatient et le novice ou dépassé) ainsi que trois types d'adaptations aléatoires : l'apprentissage, la régulation et l'évitement. Cette première étude met en évidence l'importance de l'environnement social dans la relation agent-numérique. La seconde étude traite de la capacitation de l'environnement numérique et des transformations répicroques entre l'agent, les outils numériques et le travail dans un contexte de sur-numérisation. Nous mobilisons la théorie des environnements capacitants ainsi que celles de l'accélération sociale et de la résonance de Hartmut Rosa combinées avec la notion d'IT Identity développée par Michelle Carter. Cette seconde étude met en évidence le caractère mouvant de l'environnement numérique. Nous distinguons quatre relations à l'environnement numérique : la capacitante, la facilitante, la contraignante et l'abîmante. Trois types d'expériences entre l'agent et son environnement numérique sont identifiées : la relation indifférente, la relation répulsive et la relation résonante. Les relations répulsives et résonantes permettent de mieux comprendre les transformations mutuelles entre l'agent et son environnement numérique ainsi que sur le travail. Elles jouent un rôle particulier sur le développement de l'identité numérique. L'étude de cas enchâssée (Yin, 2018) a été retenue comme stratégie de recherche. Cinq directions ont été sélectionnées par souci de représentativité des métiers de la collectivité : bibliothèques municipales, finances, assainissement, personnes âgées et éducation enfance. Pour chaque service, 5 à 9 agents ont été suivis dans le cadre d'un dispositif de méthodologie qualitative de collecte et d'analyse de données. Au total 39 personnes ont participé à cette étude dont 22 suivies sur les deux années. Cette recherche a généré une riche et dense collecte de données sur les deux années : 31h d'entretiens exploratoires auprès de 36 personnes, 66h d'entretiens individuels (soit 1476 pages de retranscriptions) effectués, 133h30 de temps d'observations menés, 39 heures de temps de restitution/travail, 200 pages de journal de bord, 439 pages de documents internes et 66 photos des environnements numériques d'agents collectées.  Cette recherche contribue à la littérature de cinq façons : 1) elle étudie le phénomène de sur-numérisation et apporte une grille de lecture contribuant aux modèles du technostress et du CMUA, 2) elle la théorie des environnements capacitants dans un contexte multi-outils 3) elle propose une application empirique des modèles de l'accélération et de la résonance de Hartmut Rosa dans la relation agent-outil, 4) elle enrichit la notion d'IT identity développée par Michelle Carter, 5) elle développe la posture du chercheur CIFRE et utilise le modèle de la résonance comme outil méthodologique de recherche qualitative. Cette recherche a également permis de produire des connaissances actionnables pour la Ville, Métropole et CCAS de Rennes ainsi que de vulgariser et diffuser des connaissances à l'ensemble des professionnels RH, IT, managers, décideurs pour mieux appréhender le phénomène de sur-numérisation.