Aleksander Chodźko (1804-1891) professeur au Collège de France, entre les études orientales, la Pologne et la France.
| Auteur / Autrice : | Inga Walc |
| Direction : | Kinga Callebat, Iwona Pugacewicz |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Études slaves |
| Date : | Inscription en doctorat le 31/08/2023 |
| Etablissement(s) : | Sorbonne université |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Civilisations, cultures, littératures et sociétés |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Cultures et sociétés d'Europe orientale, balkanique et médiane |
Résumé
Aleksander Chodźko fut un des représentants de la Grande Émigration polonaise en France. Bien qu'il ait occupé des postes importants (Consul russe en Perse, Conseiller au cabinet du ministre des Affaires étrangères de Napoléon III, Professeur au Collège de France, enfin Directeur de l'École persane à Paris ), il reste cependant un personnage peu connu. Ses travaux d'orientaliste sont pourtant toujours cités, voire réédités au cours du XXe et XXIe siècles. Le projet de thèse de doctorat propose d'analyser les raisons de cet oubli, d'explorer les domaines d'activité professionnelle et scientifique de Chodźko, afin d'en dépeindre le contexte et de mettre en lumière ce représentant atypique de la Grande Émigration polonaise. Né aux environs de Minsk, Aleksander Chodźko fit ses études à Vilnius et à Saint Pétersbourg. Il séjourna onze années en Perse comme drogman, Secrétaire de légation, puis Consul au service de la Russie. Durant cette période, il parcourut plusieurs fois les territoires de l'Iran, de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie actuels. Après s'être fixé en Europe, Chodźko s'établit à Paris , maintenant des relations régulières avec sa belle-famille habitant Lausanne. De ses trois fils, l'aîné émigra aux Etats-Unis, les deux autres embrassèrent la carrière de marins au long cours pour se fixer ensuite respectivement au Vietnam et en Grande Bretagne. Tant les espaces géographiques et politiques que les cultures et les langues des sociétés dans lesquelles se déroula la vie d'Aleksander Chodźko forment le cadre contextuel de la présente étude. L'attrait qu'il manifesta, dès son jeune âge, pour l'étude des langues et des cultures orientales élargit et complexifie encore cet aspect de sa biographie. Ainsi, poète, traducteur, diplomate et éditeur, Chodźko publia ses travaux dans plusieurs langues : anglais, français, polonais et russe. Il fit des traductions à partir de langues orientales : arabe, azéri, guilaki, kurde, mazandari (tabari), pachtoune, persan, talyche, tatare, turc et turkmène ; et de langues slaves : biélorusse, bulgare, polonais, tchèque, slavon, russe et ukrainien. Dès lors, la biographie devra poser la question de la haute spécialisation de cet orientaliste polyglotte, ainsi que le poids de cette spécialisation sur sa carrière, mais aussi, plus généralement, de l'influence des connaissances de plusieurs cultures sur les rôles sociaux dans lesquels il s'inscrivit . Toutefois, Aleksander Chodźko ayant passé plus de la moitié de sa vie en France, c'est en grande partie, à travers le prisme d'étude du destin d'un représentant de la Grande Émigration polonaise en France, que sera abordée cette biographie. Pour autant, au sein de la Grande Émigration polonaise, Aleksander Chodźko s'avère être un cas atypique : Consul en rang de conseiller d'État tsariste optant pour une émigration volontaire, adepte fortuné du mouvement messianique d'Andrzej Towiański, enfin, immigré polonais devenu professeur au Collège de France pour ne citer que certaines de ses caractéristiques.