Thèse en cours

Interactions écologiques entre les abeilles et les levures fissipares

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Auteur / Autrice : Marie-Amélie Pussacq-Caillet
Direction : Maryse VanderplanckDominique Helmlinger
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : EERGP-Biologie des interactions symbiotiques et parasitaires
Date : Inscription en doctorat le 01/01/2024
Etablissement(s) : Université de Montpellier (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : CEFE - Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive
Equipe de recherche : Interactions Biotiques (IBT)

Résumé

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Les levures du genre Schizosaccharomyces sont un genre regroupant sept espèces. Leur particularité est de se diviser de manière symétrique contrairement aux levures bourgeonnantes. Du fait de cette caractéristique, l'espèce S. pombe est l'un des modèles eucaryotes les plus utilisés en biologie moléculaire, entre autre pour l'étude des mécanismes de division cellulaire. Cependant, bien que très utilisée en laboratoire, son écologie et sa trajectoire évolutive restent mal connues. Récemment, une étude comprenant plus de 2000 substrats naturels a détecté la présence de S. pombe et S. octosporus dans environs 15% des échantillons de miel de l'abeille Apis mellifera (30% selon le pays d'origine). En parallèle, une nouvelle espèce S. lindneri a été découverte dans le miel, et S. osmophilus dans les pains d'abeilles solitaires d'Osmia florisomis et d'Osmia bicornis. Ces observations soulèvent d'importantes questions écologiques. En effet, les levures fissipares n'ont pas été détectées dans les communautés de microorganismes des fleurs (nectar, pollen) ni dans le microbiote intestinal des ouvrières d'A. mellifera. Leur présence dans le miel et dans les pains de pollen interroge donc les mécanismes de cette introduction, et le rôle potentiel des abeilles comme vecteurs de dispersion des levures. Par ailleurs, la présence de ces levures dans les provisions alimentaires des abeilles adulte (miel) ou des larves (pains de pollen) pourrait influencer leurs valeurs nutritionnelles ainsi que le développement des abeilles. Le premier objectif de la thèse est d'identifier les interactions entre levures fissipares et les abeilles et d'en caractériser la spécificité. On peut émettre l'hypothèse d'une interaction entre abeilles et levures telle que la levure serait transférée dans les provisions alimentaires depuis le microbiote de l'abeille, par une intégration temporaire ou durable. Afin de tester cette hypothèse, des abeilles ont été inoculées en levures afin d'établir leur survie, au moins temporaire, dans différentes parties du corps. Le second objectif de la thèse est d'étudier l'influence des abeilles sur le cycle de vie des levures fissipares. En effet, plusieurs études ont mis en évidence que le système digestif de certains insectes (D. melanogaster, V. crabro, Polistes spp.) pouvait constituer un environnement favorable à la reproduction sexuée chez les levures, principalement avec S. cerevisiae. De manière exploratoire, on peut émettre l'hypothèse de conditions similaires dans le système digestif des abeilles. Afin de tester cela, des abeilles ont été inoculées avec des levures de différents génotypes permettant de mettre en évidence un éventuel croisement sexué. Une fois les levures ingérées, les abeilles pourraient être un vecteur de dispersion de la levure. Afin de tester cette hypothèse, les expérimentations se concentreront sur la transmission horizontale de levures entre individus via la trophallaxie, ainsi que la survie des levures dans les déjections. Ces expériences pourraient mettre en évidence l'influence des abeilles sur la structure et la génétique des populations sauvages de levures fissipares. Le troisième objectif de la thèse est d'étudier l'influence des levures fissipares sur les valeurs nutritionnelles des provisions alimentaires ainsi que sur le développement des abeilles.Afin de tester l'hypothèse d'une modification de valeurs nutritionnelles en présence de levures, des pains de pollen artificiels sont fabriqués puis inoculés ou non en levure. Des échantillons sont régulièrement prélevés afin de réaliser des quantifications de macronutriment et micronutriments. Afin de tester l'hypothèse d'un effet des levure sur le développement des abeilles, des pains de pollen artificiels sont fabriqués, inoculés ou non en levure, puis donnés comme ressource alimentaire à des œufs d'abeilles solitaires. Un suivi d'incidence de stade et des mesures de traits fonctionnels chez les adultes émergés seront réalisés.