Développement et amélioration d'enzymes pour lutter durablement contre les champignons et les insectes
| Auteur / Autrice : | Solveig Vlaemynck |
| Direction : | David DaudÉ |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | RECHERCHES BIOMEDICALES Maladies infectieuses et microbiote |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/11/2023 |
| Etablissement(s) : | Aix-Marseille |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Recherches Biomédicales |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : RITMES - Risques Infectieux Tropicaux, Microorganismes EmergentS |
| Equipe de recherche : VITROME - E7 - Eucaryotes Tropicaux pathogènes et mycologie |
Mots clés
Résumé
L'émergence de résistances aux antimicrobiens est un enjeu majeur soulevé par l'OMS. Parmi eux, on compte notamment les antibiotiques, antifongiques et antiparasitaires. L'apparition de résistances confère aux microorganismes la capacité de se développer en dépit des traitements, ce qui peut avoir des conséquences majeures pour la santé des êtres humains, des animaux et des végétaux. L'approche One Health est un concept qui vise à appréhender les mécanismes de résistance pour développer des alternatives durables aux approches conventionnelles. Certains champignons, insectes et bactéries sont vecteurs de maladies humaines, animales et/ou végétales. Les moyens de lutte actuels contre ces nuisibles reposent essentiellement sur l'utilisation de molécules issues de la chimie. En plus de l'émergence de résistances, ces solutions peuvent poser des problèmes de toxicité, d'écotoxicité ou d'accumulation contraires aux enjeux actuels de durabilité. Parmi les stratégies alternatives aux solutions conventionnelles, les enzymes constituent des approches extrêmement prometteuses. Les enzymes sont des protéines bioactives d'origine biologique qui peuvent allier efficacité (molécules efficaces en quantités catalytiques), spécificité (limitant l'impact sur la biodiversité) et durabilité (molécules biodégradables et non-accumulables). Elles suscitent donc un vif intérêt de la part de la communauté scientifique, néanmoins il n'existe à ce jour aucun produit à base d'enzyme utilisé ni pour le biocontrôle en agriculture ni en santé humaine. Il s'agit donc d'une alternative innovante. Les insectes et champignons pathogènes partagent une molécule commune, la chitine, qui pourrait constituer une cible d'intérêt. La chitine est un polysaccharide constitutif de la cuticule et de l'intestin des insectes ainsi que de la paroi des champignons. Cette molécule est absente chez l'Homme et les animaux (hors insectes). Les chitinases, des enzymes hydrolysant la chitine, sont donc indiquées pour cibler spécifiquement ces nuisibles. De nombreux organismes de règnes différents produisent naturellement des chitinases, décrites dans la littérature. Il existe cependant très peu de chitinases suffisamment stables compatibles avec des procédés de fabrication industriels et des contraintes d'applications en environnement réel. De nombreuses espèces de bactéries pathogènes doivent la régulation de leurs gènes de virulence au Quorum Sensing (QS). Le QS est un processus biologique par lequel les bactéries ajustent leur comportement selon la densité de population. Ce phénomène repose sur l'émission et la détection de molécules auto-inductrices, parmi elles les N-acyle homosérine lactone (AHL). Lorsque la densité de bactéries dans l'environnement croît, la concentration en AHL varie naturellement jusqu'à atteindre une concentration seuil qui va activer la régulation de nombreux gènes liés à la virulence et à la formation de biofilm. Les enzymes lactonases catalysent l'hydrolyse des AHL, empêchant ainsi leur reconnaissance par les bactéries utilisant le QS. Il s'agit du Quorum Quenching (QQ). Le QQ peut alors constituer une approche intéressante et durable pour empêcher l'apparition du phénotype de virulence de ces bactéries. Ce projet de thèse vise donc à développer et améliorer des chitinases et lactonases par ingénierie enzymatique pour proposer, à terme, de nouvelles solutions durables permettant de lutter efficacement contre les bactéries réalisant le QS, les champignons et les insectes pathogènes afin de limiter le recours aux produits conventionnels issus de la chimie. Parmi les applications envisagées, le développement de dispositifs médicaux innovants, fonctionnalisés par des enzymes (e.g. pansements ou patchs d'application topique) sont particulièrement prometteurs. En agriculture, ces enzymes pourraient être pulvérisés sur des semences ou sur les organes externes de la plante tels que les feuilles ou les fleurs, permettant le biocontrôle des cultures traitées.