Thèse en cours

Faire famille, faire nation. De la parenté bilatérale en pays betsileo

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Auteur / Autrice : Boris Lelong
Direction : Christophe Darmangeat
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Anthropologie et sociologie (ed 624)
Date : Inscription en doctorat le 01/09/2020
Etablissement(s) : Université Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : 624 - SCIENCES DES SOCIETES
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : UMR 7533 Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS)

Mots clés

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Résumé

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Au sein de la société paysanne de l’Isandra, dans les Hautes-Terres de Madagascar, les cellules familiales animent le tissu relationnel qui connecte les communautés villageoises entre elles. En arrière-plan se trouve l’État-nation malgache : malgré sa présence limitée, les services qu’il fournit - sécurité, santé, éducation - sont appréciés des habitants, qui embrassent par ailleurs pleinement l’identité nationale malgache. À partir d'un terrain mené entre 2007 et 2023, la présente étude vise à interpréter ce double système - le réseau villageois et l’appareil étatique - au prisme de la structure de parenté bilatérale. En bilatéralité, chaque cellule conjugale est le centre de son propre réseau de parenté constitué par l’association de la branche paternelle et de la branche maternelle. Ce regroupement virtuel n’existe que par la cellule nucléaire qui en est le nexus, et n’est rendu concret que par des actes partagés : visites, entraide et surtout participation à des rituels communs. Ce système fluide et réticulaire empêche la construction de groupes de parenté fermés, dont la structure favorise l’efficacité guerrière et handicape l’intégration étatique : la parenté bilatérale repose au contraire sur des individus qui se marient et forment d’innombrables jonctions au sein d’un réseau de parenté horizontal, ce qui ne facilite pas l’organisation défensive mais permet d’accueillir facilement une structure surplombante indépendante de la parenté (de la chefferie guerrière à l’État-nation) qui assurera (dans l’idéal) les fonctions protectrices. Apparaît alors un processus qui s’apparente à une synthèse entre famille et État. L’observation du quotidien rural du pays betsileo et un retour sur le passé de Madagascar permettront de mettre en lumière l’articulation entre parenté et politique telle qu’elle se manifeste localement : la bilatéralité apparaîtra comme le principe organisateur d’une société paysanne très autonome mais aussi comme la matrice conceptuelle de ce qui est attendu de l’État-nation, pensé et pratiqué comme une projection panoramique du système de parenté bilatéral.