Thèse en cours

Équilibrer le risque et la récompense : une architecture générale pour l'exploration sécurisée en apprentissage pour la robotique

FR  |  
EN
AttentionLa soutenance a eu lieu le 12/06/2026. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Charly Pecqueux--guézénec
Direction : Stéphane Doncieux
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences et technologies de l'information et de la communication
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 12/06/2026
Etablissement(s) : Sorbonne université
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Informatique, télécommunications et électronique de Paris
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique
Jury : Président / Présidente : Sylvain Lamprier
Examinateurs / Examinatrices : Stéphane Doncieux, Erwan Le pennec, Nicolas Perrin-gilbert, Alain Dutech, Laetitia Matignon
Rapporteurs / Rapporteuses : Erwan Le pennec, Alain Dutech

Résumé

FR  |  
EN

Cette thèse vise à réduire le fossé entre l'apprentissage par renforcement (RL) et le contrôle robotique. L'apprentissage par renforcement, et en particulier l'apprentissage par renforcement conditionné par des buts (GCRL), permet de concevoir des contrôleurs capables de gérer des tâches variées, d'explorer des environnements et d'adapter leurs comportements. Cependant, le RL repose fondamentalement sur un apprentissage par essai-erreur. Si cette approche est acceptable en simulation, elle peut entraîner des conséquences catastrophiques dans le monde réel, où une erreur d'un robot peut provoquer des dommages matériels ou mettre en danger des personnes. Étant donné que le RL constitue un cadre général capable de traiter un large éventail de problèmes avec peu d'hypothèses a priori, nous l'adoptons comme point de départ et y intégrons des a priori issus de la théorie du contrôle, larges et peu contraignants, afin de fournir des garanties de sécurité probabilistes. Pour répondre à ce problème, nous proposons une architecture d'agent générale conçue pour l'exploration et l'apprentissage sûrs. Celle-ci se compose de trois éléments : (i) l'apprentissage d'une politique conditionnée par des buts, (ii) l'apprentissage d'une politique de sécurité, et (iii) un mécanisme d'arbitrage déterminant quelle politique génère l'action courante en fonction du contexte présent, à savoir l'état de l'environnement et le niveau de confiance en la sécurité associé à l'agent. Dans un premier temps, lors d'une phase de préapprentissage, nous utilisons des méthodes d'apprentissage par renforcement sécurisé (safe RL) et d'apprentissage par renforcement distributionnel (distributional RL) afin d'apprendre une politique de sécurité qui évite activement les situations d'échec dans des contextes variés. Les estimateurs distributionnels de la valeur état-action associés à la politique de sécurité permettent d'évaluer le niveau de risque associé à chaque couple état-action. Ensuite, lors d'une phase d'exploration sécurisée, un mécanisme de sélection d'actions s'appuie sur ces estimateurs pour arbitrer entre la politique de sécurité et une politique d'exploration conditionnée par des buts. Ce mécanisme garantit la sécurité en basculant vers la politique de sécurité dès que le risque estimé dépasse un seuil prédéfini. Dans une première approche, appelée Learning to Explore when Mistakes are Not Allowed (LEMNA), nous estimons lors du préapprentissage un ensemble d'états viables au sens de Wieber, et nous restreignons l'apprentissage durant l'exploration sécurisée à la seule politique conditionnée par des buts. Dans une approche ultérieure, appelée SenseOfRisk, nous exploitons l'incertitude épistémique pour éviter les régions fortement incertaines lors de l'exploration sécurisée, ce qui réduit significativement le coût de préapprentissage et permet un apprentissage conjoint des politiques d'objectif et de sécurité. Nous évaluons notre approche dans des environnements simulés et montrons qu'elle permet une large couverture de l'espace des objectifs tout en minimisant la survenue d'échecs, contrairement aux méthodes GCRL classiques. Enfin, nous menons des études d'ablation approfondies afin de valider nos choix de conception, d'analyser les modes d'échec et de dégager des perspectives pour les travaux futurs. Pour conclure, nous proposons une discussion mettant en lumière plusieurs pistes d'amélioration des différents composants de notre architecture d'exploration sécurisée. Nous examinons également comment l'approche proposée pourrait être transférée à des systèmes robotiques réels dans de futurs travaux, et identifions une direction de recherche visant à établir des garanties théoriques, potentiellement porteuses de nouvelles perspectives, dans un cadre restreint, tel qu'un environnement tabulaire correspondant à une version discrétisée d'un environnement robotique simulé.