Maladies diarrhéiques et vulnérabilités socio-sanitaires en zones rurale (commune de Boussouma) et périurbaine (commune de Koubri) par l’approche des livelihoods (régions du Centre et Centre-Est, Burkina Faso)
| Auteur / Autrice : | Yasmina Karambiri |
| Direction : | Emma J. Rochelle-Newall, Dayangnewende Edwige Nikiema, Elodie Robert |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Hydrologie |
| Date : | Soutenance le 18/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Sorbonne université en cotutelle avec Université Joseph Ki-Zerbo (Ouagadougou, Burkina Faso) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de l'environnement d'Île-de-France (Paris ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris (1997-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Gaëlle Lacaze |
| Examinateurs / Examinatrices : Fabrice Courtin, Jérémi Rouamba | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Philippe Cecchi, Bouma Fernand Bationo | |
| DOI : | 10.70675/542fe78fzbb45z4bbfza34fze411c24d6d2b |
Résumé
En 2021, les décès pour cause de maladies diarrhéiques étaient estimés à plus de 435 700 en Afrique subsaharienne dont 11 572 au Burkina Faso. Cette situation est due à une combinaison de facteurs tels que l'usage de l'eau non potable, le manque d'hygiène et d'assainissement combinés aux difficultés d'accès à l'eau potable et aux soins. Par une approche interdisciplinaire, cette thèse avait pour objectif de révéler les facteurs caractérisant les vulnérabilités socio-sanitaires des ménages, responsables de taux élevés de morbidité diarrhéique dans deux zones au Burkina Faso : la commune rurale de Boussouma (région Centre-Est) et la commune périurbaine de Koubri (région Centre).La démarche méthodologique s'est appuyée d'une part sur la collecte de données épidémiologiques (maladies diarrhéique, âge, genre, lieu de résidence) à pas de temps journalier dans trois centres de santé à Boussouma et deux centres de santé à Koubri de 2021 à 2023, et d'autre part sur une enquête quantitative auprès de 445 ménages, basée sur l'approche des « livelihoods » reposant sur 4 capitaux (physique, humain, social et financier). De plus, des données de concentrations d'Escherichia coli (E. coli ; bactérie indicatrice de la contamination fécale) dans les eaux de surface, de précipitations et de couvert végétal (NDVI) issues du projet MAMIWATA ont été utilisées pour compléter l'analyse. Mes résultats ont d'abord montré que les concentrations d'E. coli sont corrélées aux précipitations ainsi qu'aux cas de maladies diarrhéiques. Ensuite, l'étude épidémiologique a montré que la morbidité diarrhéique est plus élevée dans la zone rurale de Boussouma par rapport à la zone périurbaine de Koubri. La parasitose intestinale était toujours la première cause de consultation dans la zone rurale de Boussouma, suivi de la gastro-entérite et de la dysenterie ; tandis que dans la zone périurbaine de Koubri, il s'agissait de la parasitose intestinale en 2021 et la gastro-entérite en 2022-2023. Les enfants de moins d'un an, suivi de la tranche d'âge de 1 à 4 ans étaient les plus touchées par les maladies diarrhéiques. Enfin, cinq profils de vulnérabilités socio-sanitaires ont été identifiés et spatialisés dans les deux zones. Les secteurs les plus vulnérables souffrent d'une combinaison de déficits dans les quatre capitaux pour les deux zones d'étude, mais dominés par le capital physique dans la zone rurale de Boussouma et par le capital humain dans la zone périurbaine de Koubri. Ces résultats fournissent une approche scientifique pour améliorer la prise de décision et, à terme, une feuille de route pour des actions ciblées visant à réduire les vulnérabilités socio-sanitaires en zones rurale et périurbaine du Burkina Faso.