Personne et personnage dans le théâtre immersif français
| Auteur / Autrice : | Camille Pain |
| Direction : | Florence Naugrette, Marianne Bouchardon |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Littératures françaises |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2021 |
| Etablissement(s) : | Sorbonne université |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Littératures françaises et comparée |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'étude de la langue et des littératures françaises |
Mots clés
Résumé
Notion fondamentale au théâtre, sans cesse débattue et redéfinie, le personnage et son traitement en théâtre immersif nécessite une attention toute particulière. Si l'on a pu parler aux suites de Robert Abirached de « crise du personnage dans le théâtre moderne », l'abolition des frontières dans un théâtre « immersif » entre comédien-personnage et spectateur-personne interroge tant au sujet de l'élaboration scénique de l'être fictif qu'au sujet de sa fabrication. Dans le théâtre immersif comme dans toute forme de théâtre, la parole théâtrale est portée par le comédien, or, la tenue de la diégèse dépend de la personne du spectateur. C'est par un choix « personnel » consistant à suivre un acteur pour un temps donné que le spectateur a accès à l'intrigue, à une partie du texte théâtral. Ce choix, majeur dans la saisie finale du spectacle, met en lumière la relation entre personne - celle du spectateur- et personnage -celui qu'il a décidé de suivre. Un premier rapport entre personne et personnage est interrogé lors de cette prise de décision mais celui-ci se double d'une indétermination propre à susciter d'autres questionnements. Dans le théâtre dit « immersif », la séparation scène-salle est abolie en faveur d'un partage de l'aire de jeu. Le spectateur, au même titre que l'acteur, est donc visible par ses semblables, de plus, un rôle lui est conféré au cur de l'intrigue. Devient- il pour autant un personnage de la fable ? Sa visibilité implique-t-elle qu'on puisse lui attribuer ce statut, compris en tant que personnage « social », observé ? De plus, le théâtre « immersif » se définit par trois critères : l'indistinction entre scène et salle, l'invitation du spectateur à participer à l'élaboration de la fable ainsi que l'abolition des structures sociales habituellement établies dans les salles de théâtre. Ces trois conditions, quoique précises, impliquent une multiplicité de possibilités quant à la réalisation du dispositif immersif. Aussi pourrait-on penser qu'il n'y a pas un théâtre immersif mais des théâtres immersifs puisque les variations se comptent presque au nombre de créations. Ces différents stades dans l'immersion impliquent nécessairement différents rapports entre personne et personnage qu'il conviendra d'observer au cur d'un corpus réunissant des créations traitant de manières variées ce rapport.