Thèse en cours

Le savoir des petits riens. Épistémologie et sémiotique du roman provincial anglais chez Harriet Martineau, Elizabeth Gaskell et George Eliot

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Auteur / Autrice : Marie Duic
Direction : Frédéric Regard
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Études anglophones
Date : Inscription en doctorat le 01/09/2020
Etablissement(s) : Sorbonne université
Ecole(s) doctorale(s) : Civilisations, cultures, littératures et sociétés
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Voix anglophones, littérature et esthétique

Résumé

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Notre thèse se propose de montrer, à travers une étude épistémologique et sémiotique du roman provincial anglais, la manière dont se constitue au sein de ce sous-genre du roman victorien une épistémè singulière de l'étroit, du petit et du trivial. Celui-ci met en effet en valeur un savoir des « petits riens », c'est-à-dire un goût pour les détails apparemment insignifiants et ordinaires, qui est à replacer dans un contexte d'intérêt accru pour les traces infimes ou microscopiques, notamment au sein des discours et méthodes scientifiques. Articulant la question du genre et du gender, nous souhaitons étudier la façon dont trois romancières majeures de l'époque victorienne — Harriet Martineau (Deerbrook), Elizabeth Gaskell (Cranford, Wives and Daughters) et George Eliot (Middlemarch) — apportent un éclairage singulier sur cette épistémè : soulignant dans leurs romans l'intérêt épistémologique des petits riens, elles suggèrent que c'est précisément là que s'opère un travail sémiotique mettant à l'honneur ce qui est apparemment insignifiant, tout en prenant en compte les limites d'un tel savoir qui confine parfois à l'étroitesse. Il s'agira dès lors de voir comment l'ancrage local, générique et dans une certaine mesure genré (relatif au gender) du roman provincial, permet d'inventer un savoir périphérique et excentré, mineur, trivial et prosaïque, dont les enjeux sont à la fois d'ordre épistémologique et sémiotique, mais aussi esthétique et éthique.