Données manquantes et apprentissage automatique
| Auteur / Autrice : | Imad El badisy |
| Direction : | Roch Giorgi |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | RECHERCHES BIOMEDICALES Santé publique |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 09/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Aix-Marseille |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Recherches Biomédicales |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : SESSTIM - Sciences Economiques & Sociales de la Santé et Traitement de l'Information Médicale |
| Jury : | Président / Présidente : Xavier Paoletti |
| Examinateurs / Examinatrices : Roch Giorgi, Yohann Foucher, Raphaël Porcher, Karen Leffondre | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Yohann Foucher, Raphaël Porcher |
Mots clés
Résumé
Les données manquantes de covariables sont omniprésentes en analyse de survie et peuvent biaiser les estimations, réduire lefficacité statistique et altérer linterprétation clinique. La méthode dimputation multiple (MI) constitue la stratégie de référence pour traiter la non-réponse, mais ses performances sont généralement évaluées à laide de critères restreints, tels que le biais ou la couverture des coefficients de régression. Cette perspective centrée sur les paramètres devient néanmoins insuffisante à mesure que lanalyse de survie adopte des modèles plus flexibles et des méthodes dapprentissage automatique capables de capturer des effets non linéaires et dépendants du temps. Ces modèles ne produisent pas de résumés simples de type coefficients, et leur comportement peut être fortement influencé par la méthode dimputation utilisée. Cette thèse apporte trois contributions principales. Premièrement, elle montre que la performance de limputation est intrinsèquement multidimensionnelle : la précision de reconstruction des données, la validité inférentielle et la performance prédictive conduisent souvent à des classements divergents des méthodes. Un cadre dévaluation multimetrique est donc indispensable. Deuxièmement, à travers des simulations et des études cliniques de cas, elle montre que si les méthodes dimputation classiques fonctionnent correctement sous lhypothèse de risques proportionnels et deffets log-linéaires, elles échouent dans des contextes plus réalistes avec effets non linéaires ou dépendants du temps. Dans de tels cas, les méthodes dimputation basées sur lapprentissage automatique préservent mieux les structures de risque, améliorent la couverture et maintiennent la performance prédictive. Troisièmement, la thèse introduit un nouveau cadre fondé sur la distorsion, qui évalue limputation en quantifiant les changements dans les prédictions de survie, les structures deffet des covariables (via des méthodes dexplicabilité) et les métriques de performance. Cela reformule limputation comme un problème de préservation du comportement du modèle plutôt que de récupération de paramètres. Dans lensemble, cette thèse vise à contribuer aux fondements méthodologiques de lanalyse de survie avec données incomplètes en intégrant modélisation flexible, évaluation multimetrique et analyse du comportement des modèles imputés, offrant ainsi une base pour des analyses plus fiables et plus transparentes dans des contextes biomédicaux complexes.